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Il investit en Chine, en Sarthe ou au Dakota du Sud : le groupe Bel, toujours porté par sa croissance... |
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Frédéric Médard, directeur de l’impact et Cécile Béliot, directrice générale du groupe Bel, ce mercredi 25 mars 2026 à Paris, à l’occasion de la présentation des résultats annuels du groupe. © OUEST-FRANCE.
Bel (marques Babybel, Pom’Potes, Boursin…) poursuit sa croissance, notamment porté par les marchés à l’international, où il défend une approche locale. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 3,83 milliards d’euros en 2025.
De la campagne mayennaise jusqu’à la Navarre en passant par l’Égypte, l’histoire de Bel s’écrit d’un bout à l’autre de la planète.
Si la France reste le berceau du groupe (avec des usines en Pays de la Loire et Normandie, notamment), aujourd’hui présidé par Antoine Fiévet, arrière-arrière-petit-fils de Jules Bel, fondateur de la fromagerie jurassienne, le groupe réalise 80 % de son chiffre d’affaires à l’étranger. Ce dernier s’est élevé à 3,83 milliards d’euros l’an dernier, en légère croissance par rapport à 2024. Classé par nos confrères de LSA comme étant le 20e acteur de l’agroalimentaire français, Bel n’a pas le poids d’un Bigard ou d’un Nestlé, mais il compte 11 000 collaborateurs dans le monde. Et il est aujourd’hui implanté dans une soixantaine de pays. Ses bénéfices sont passés de 53 millions à 106,8 millions d’euros entre 2024 et 2025.
Bel se consolide et avance ses pions sur des marchés lointains mais il y défend une approche locale, recrutant des équipes sur place et adaptant ses produits aux attentes des pays. Les consommateurs français l’ignorent, mais notre célèbre Vache qui rit se décline à toutes les sauces dans d’autres contrées : à la harissa au Maroc, aux pickles pour le marché des US où 75 % des ventes de Bel proviennent des usines locales.
Pour lancer ces innovations (160 l’an dernier), le groupe investit. Les travaux viennent ainsi de démarrer pour doubler la capacité de production de son usine vietnamienne, qui produit du Kiri et de la Vache qui rit, faisant de ce site une des portes d’entrées du groupe pour desservir les marchés d’Asie, où Bel progresse fortement. Le groupe est aussi entré au capital du leader indonésien Mulia Boga Raya et va construire une nouvelle usine en Chine.
« On ne peut pas opposer pouvoir d’achat et revenu des agriculteurs »
Mais le premier marché de Bel, ce sont les États-Unis. Dans le Dakota du Sud, l’industriel s’apprête aussi à pousser les murs de son usine, notamment afin de répondre à l’appétit des Américains pour le Babybel.
En France aussi le fromage enveloppé de cire rouge garde la cote. La nouvelle ligne de production de Sablé-sur-Sarthe sera mise en service cet été. Le lait est fourni par des agriculteurs de l’Ouest, payés (primes incluses) 500 € la tonne, garantis à l’année. « Nous défendons une vision de long terme, de résilience économique. Aujourd’hui, le prix du lait est indécemment bas en France. On ne peut pas opposer pouvoir d’achat et revenu des agriculteurs », défend Cécile Béliot, directrice générale du groupe Bel, à l’occasion de la présentation des résultats du groupe, ce mercredi 25 mars 2026.
Le groupe déploie la même approche auprès des producteurs de fruits qui approvisionnent les usines. Car Bel, c’est aussi une grosse partie d’activité dans le « snacking fruitier ». Marque phare de ce pôle en pleine croissance, les Pom’Potes s’apprêtent à accueillir une petite sœur en rayon : la Pom’potes sport, sans sucre et avec plus de vitamines.