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Gavarni, le dessinateur qu’admirait Honoré de Balzac, montré à l’Abbaye de Fontevraud... |
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Dominique Gagneux, directrice du musée d’art contemporain de l’Abbaye de Fontevraud, et Chicard, l’un des personnages clés de Gavarni, le dessinateur du carnaval de Paris. © OUEST-FRANCE
L’artiste s’est rendu célèbre par son travail sur le carnaval de Paris. C’est notamment au travers de ses lithographies que l’Abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire) accueille une expo sur cet événement disparu.
À quoi tenaient ce style
, cette manière
, cette fidélité du public très honorable pour l’artiste
, Gavarni ? Soumis à cette question, même Honoré de Balzac devait l’admettre : Je ne sais.
Et ce n’est qu’au terme d’un véritable effort que l’ogre du roman français hasardait une réponse : Le secret de Gavarni, c’est la nature prise sur le fait, c’est la vérité.
Gavarni s’est rendu célèbre, au XIXe siècle par ses dessins du carnaval de Paris. Un carnaval que Balzac, toujours lui, estimait bien autrement burlesque, bien autrement animé que feu le carnaval de Venise
.
Mazette ! Cette citation, comme bien d’autres, se retrouve en exergue sur l’un des murs de l’exposition que le musée d’art moderne de l’Abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire) consacre à cet événement disparu.
Pour la monter, Dominique Gagneux est allée à la Maison Balzac, à Paris. La directrice du musée en est revenue avec le prêt de nombreuses œuvres de Gavarni, mais aussi des anecdotes et, surtout, la conviction que si Paris valait bien une messe, son carnaval valait bien une expo. Interdit pendant la Révolution, restauré par Napoléon III, le carnaval constituait le moment où toute la population de la capitale se rencontrait »,
explique-t-elle.
Le trait fin et délicatement coloré de Gavarni expose cette centrifugeuse à codes sociaux
. Là où le bourgeois s’encanaille, où l’ouvrier s’anoblit… où un émir coiffé d’une casserole croise un commissaire de marine ressemblant étrangement au dieu Bacchus, à moins que ce soit l’inverse…
Où l’Insulaire de n’importe où se promène avec une tête tranchée à la ceinture. Où, immortalisé par Gavarni, le personnage Chicard incarne à lui seul l’esprit carnavalesque.
Car au-delà d’avoir séché Balzac, c’est peut-être ça la plus belle prouesse de Gavarni : avoir su, à la force du dessin, donner un visage au peuple de Paris…
Musée d’art moderne de Fontevraud, Fontevraud-l’Abbaye, jusqu’au 23 mai. 8 €.