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Ex-victime, ce lycéen lance un site pour signaler des cas de harcèlement scolaire : 11 situations ont déjà été résolues... |
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La plateforme harcelement-aidez-moi.fr permet de signaler des cas de harcèlement scolaire. 60 000 visites ont été recensées depuis avril 2025. © (Photo d’illustration : Ridofranz / iStock)
Depuis la récente création de la plateforme harcelement-aidez-moi.fr par le lycéen de Challans (Vendée) Gabriel Bitaudeau, onze cas de harcèlement scolaire ont été réglés par les établissements.
Il y a neuf mois, Gabriel Bitaudeau créait le site harcelement-aidez-moi.fr. Une plateforme nationale destinée à recueillir des situations de harcèlement scolaire. Un projet qui tenait à cœur au lycéen originaire de Challans, en Vendée, lui-même harcelé de l’école primaire au collège. Le site a recensé 60 000 visites depuis avril 2025. Une application mobile est également en cours de création.
L’initiative a porté ses fruits ces derniers mois. « Nous avons traité onze signalements, tous dans des établissements différents, dont trois en Vendée, et récolté de nombreux témoignages », relate Gabriel Bitaudeau. « Les onze signalements ont été bien traités par les établissements. »
Toutes les données sont confidentielles et protégées. « C’est moins compliqué pour une victime d’échanger en ligne, plutôt que de formuler à l’oral » , indique le lycéen de 18 ans, en connaissance de cause.
Un process validé par l’Éducation nationale
Témoins ou victimes de faits de harcèlement peuvent donc les signaler via un formulaire en ligne. « Ensuite, nous contactons les établissements scolaires concernés pour leur faire part des situations. Ça s’est toujours bien soldé avec eux, même si la première approche n’est pas toujours simple », surtout quand on ne bénéficie pas d’un soutien officiel de l’Éducation nationale. « Nous devions justifier d’un an de fonctionnement pour obtenir l’agrément de l’Éducation nationale. Elle a donc désormais validé notre process », et la démarche complémentaire au 3018, la ligne nationale contre le harcèlement et le cyberharcèlement.
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« Ne nous connaissant pas, des établissements ont refusé, au départ, de nous écouter. Certains ne voulaient entendre le mot harcèlement, considérant qu’il s’agissait simplement de petites chamailleries entre élèves. » Les discours authentiques de Gabriel Bitaudeau et des autres bénévoles ont fini par convaincre les réticents. « Nous ne sommes pas là pour leur imposer des choses », n’empêche, « nous leur remontons des situations qui doivent être traitées ! » La personne ayant fait le signalement est tenue informée de l’évolution de la situation.
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L’association Harcèlement aidez-moi a été sollicitée par des mairies et des clubs sportifs pour faire de la sensibilisation. « Notre projet, en 2026, est justement de développer les interventions auprès du public. D’ailleurs, nous cherchons, notamment pour ça, des bénévoles en Vendée. » L’association compte aujourd’hui dix-huit bénévoles, formés à prendre en charge les signalements, à faire tourner la plateforme nationale, dont les parents de Gabriel Bitaudeau : François et Chloé.
Afin d’appréhender correctement la dimension psychologique des appels des victimes ou des témoins, le Crédit Agricole de Challans finance la formation des bénévoles, dispensées par l’association Premiers secours en santé mentale (PSSM).
Harcèlement aidez-moi, tél. 09 72 19 70 02.