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Environnement. En Vendée, il plante une forêt par passion de la voir pousser... |
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Samuel Hermouet, gestionnaire de forêt, aux Essarts, a acheté 23?ha de terre en friche, à Apremont, près de Challans, pour les reboiser.. © OUEST-FRANCE
Samuel Hermouet, gestionnaire de forêt, a acheté 13 ha à Apremont. Grâce à l’entreprise Reforest’Action, il y a planté 23 000 arbres.
« Il y en a qui aiment les voitures. Moi, c’est de voir pousser les forêts », sourit Samuel Hermouet. Aussi, quand l’opportunité d’acheter trois parcelles de 13 ha, en friche, à Apremont, s’est présentée, le gestionnaire de forêt, installé aux Essarts, a foncé. Et courant décembre, il a assouvi sa passion en y plantant 23 000 arbres, à 80 %, des chênes et des charmes. Les 20 % restants comptent « une multitude d’espèces pour la biodiversité. » Des proportions que Samuel n’a pas inventées. Il n’a fait que suivre le cahier des charges validé par Reforest’action, une entreprise de la région parisienne qui aide à la reforestation. (Lire ci-dessous).
La transformation d’une friche
À Apremont, direction la route de la Tuderrière pour découvrir un de ses terrains. La bruine ne cesse de tomber. Un de ces sales temps d’hiver où on a l’impression que le jour ne se lèvera jamais. L’éclaircie pointe cependant à l’arrivée dans le futur bois.
« Cela faisait dix ans que ce terrain était en friche, explique Samuel. Avant ? C’était plutôt un parc où il y avait des moutons, des chèvres, même des daims. Le terrain était envahi de ronces ».
Pour ameublir le terrain laissé à l’abandon depuis au moins 10 ans, Samuel a dû utiliser un bulldozer. Résultat ? Tous les 5 mètres, des bandes de terre légèrement butées alternent avec des bandes en herbe. Avec des milliers de plants soigneusement alignés sur cinq lignes. « Tous ont été achetés chez Bouchenoire, un pépiniériste du Maine-et-Loire. C’est important cette acclimatation dans notre région. Les arbres pousseront plus vite que s’ils venaient de Pologne. »
Rendez-vous dans 15-20Â ans
Pour planter ces « 2 000 arbres par hectare », Samuel a ensuite fait appel à son entourage. De bons week-ends tant harassants que conviviaux.
Et maintenant ? Samuel va attendre que les plants prennent de la hauteur. Il viendra alors éclaircir les rangs pour permettre aux arbres de s’étoffer. « Cela ressemblera à quelque chose d’ici 15-20 ans. »

23 000 sur 1 million d’arbres en France
Ces « 23 000 des arbres », aujourd’hui en terre, sonttous financés par Reforest’action, une entreprise parisienne, via sa plateforme en ligne. Chaque année, la société y lance plusieurs appels à projets pour trouver des hectares à reboiser. Son objectif actuel ? Atteindre annuellement la plantation d’1 million d’arbres en France et de 500 000 à l’étranger.
Reforest’action, présidée par Stéphane Hallaire, est née en 2010 après un voyage de son fondateur au Sénégal. Le jeune ingénieur y découvrira un programme de reforestation. « Ce sera une révélation », raconte-t-il
À l’étranger mais aussi en France pour la proximité
Quelques mois après, germe l’idée « de plantation participative. » Un site internet est alors créé. Au début, pour des projets à l’étranger. Puis, plus tard, pour des actions en France, parce qu’elles sont plus proches des investisseurs. « Je me suis aperçu que les entreprises, les particuliers, avaient aussi besoin de voir, près de chez eux, se transformer par exemple une friche industrielle. »
Toutes les actions sont géolocalisées sur www.reforestaction.com. Rien de plus simple de repérer et choisir l’endroit répondant à ce besoin de proximité. Les points verts matérialisent les lieux où des arbres ont déjà été plantés ; les arbres verts, les projets en cours où on peut acheter des arbres à 3 €.
La Vendée, peu boisée
Une aide précieuse pour Samuel. Sans elle, « je n’aurais jamais eu les moyens d’acheter tous ces arbres », explique-t-il. Le gestionnaire forestier n’est d’ailleurs pas à son premier partenariat avec Reforestaction. « J’ai déjà eu recours à eux aux Lucs-sur-Boulogne. En Vendée, il y a eu d’autres projets. Il y a des boisements en cours vers Chantonnay et à Saint-Révérend… », précise-t-il.
En plus de « voir pousser ses forêts et de transmettre un patrimoine à ses enfants », le jeune chef d’entreprise se nourrit aussi de cette action. Celle de contribuer à la préservation de l’environnement dans un département « qui se situe à l’avant-dernière place en France, avec seulement 5,5 % de son territoire en forêt. »