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ENTRETIEN. Tiken Jah Fakoly en concert à Sablé-sur-Sarthe : « Le reggae est une musique de combat »... |
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Tiken Jah Fakoly met en avant les instruments traditionnels d’Afrique de l’Ouest dans son dernier opus intitulé « Acoustic ». © Youri Lenquette
Figure emblématique du reggae, Tiken Jah Fakoly parcourt vingt-cinq ans de carrière dans une formule acoustique. Militant dans l’âme, l’artiste ivoirien se confie avant son concert à la salle Joël-Le Theule de Sablé-sur-Sarthe, samedi 7 décembre 2024.
La saison culturelle de la scène conventionnée sabolienne l’Entracte se poursuit, ce samedi 7 décembre 2024, avec une pointure du reggae. Le chanteur ivoirien de 56 ans Tiken Jah Fakoly sera sur la scène Joël-Le Theule dans le cadre de sa tournée inédite en acoustique. Il répond aux questions de Ouest-France. Entretien.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de sortir un album acoustique ?
Mon enfance a été bercée par la musique acoustique car mon père en écoutait beaucoup. Mais je n’osais pas franchir le pas. Mon staff m’a assuré que c’était une belle idée et que mes fans allaient suivre le mouvement. Ce disque me donnait aussi l’occasion de mettre en valeur des instruments traditionnels de la culture mandingue comme le soku, la kora, le balafon.
Qu’est ce qui a guidé le choix des invités d’Acoustic : Naâman, Matthieu Chedid, Horace Andy, Bernard Lavilliers ?
Je voulais partager les chansons avec des artistes avec lesquels j’ai les mêmes valeurs et qui défendent des causes. Il n’a pas été question d’argent entre nous lorsque nous avons évoqué nos collaborations. La musique ne doit pas être une affaire de business.
Plusieurs de vos anciens titres résonnent, eux, encore avec l’actualité…
Je constate que peu de choses ont évolué dans le bon sens dans de nombreux pays. Je le regrette, mais il est hors de question de baisser les bras. Nous devons continuer à lutter contre la corruption. Je reste un artiste militant, le reggae est une musique de combat. Je dois continuer à prêcher la bonne parole et je dénoncerai les injustices tant que je serai sur terre.
En 2002, vous chantiez « Mon pays va mal ». Quel regard portez-vous sur la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui ?
Il y a plus de stabilité, moins de tempêtes et des élections sont prévues en 2025. J’espère que les politiciens ne vont pas remettre le pays sous tension pour ne pas avoir des morts. La Côte d’Ivoire se porte mieux, elle se développe, mais les tensions peuvent vite nous rattraper. L’actuel président gagnerait en légitimité en organisant des élections libres, transparentes et inclusives. C’est dans ces conditions qu’il sortira par la grande porte.
Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes Africains qui rêvent de rallier l’occident ?
Ce n’est pas en quittant le continent qu’ils vont combattre la corruption. Nos parents sont restés pour mettre un terme à la colonisation pour que nos pays soient indépendants. Si nous quittons l’Afrique, nous ne pourrons pas contribuer au changement et nous laisserons une situation désastreuse aux futures générations. Nous devons être sur place pour prendre part au développement et ne pas laisser les inégalités prendre le dessus.
Samedi 7 décembre 2024, 20 h 30, Tiken Jah Fakoly (Acoustic Tour) à la salle Joël-Le Theule. Première partie : Jahkaza. Tarifs : 27 € à 32 €. Réservation au 02 43 62 22 22, par mail à billetterie@lentracte-sable.fr ou sur le site www.lentracte-sable.fr.