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En Sarthe, les soins mentaux se comparent au Titanic... |
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Entre 100 et 200 salariés ont tenu le piquet de grève, ce jeudi 30 novembre 2023, devant l’EPSM. © Ouest-France
Les salariés de l’Établissement public de santé mentale ont fait grève, ce jeudi 30 novembre 2023, à Allonnes (Sarthe). Ils dénoncent un « délitement » du système de soins pour les patients, dont certains sont livrés à eux-mêmes.
Le Titanic en train de couler à pic. C’est l’image affichée par le personnel à l’entrée de l’EPSM (Établissement public de santé mentale), à Allonnes (Sarthe), ce jeudi 30 novembre 2023. En grève, les salariés dénoncent « la nouvelle organisation que veut imposer la direction. Manifestement, elle ne comprend pas les soins psychiatriques », rapportent Valérie Manceau et Frédéric David, secrétaires de Force ouvrière et de l’USD-CGT.
« La direction considère que nous sommes interchangeables, d’un service à un autre, comme en soins généraux, poursuivent les délégués syndicaux. Or, en psychiatrie, les soignants doivent suivre les mêmes patients, qui les connaissent. Sinon, ces personnes qui sont souvent en rupture sociale et familiale, peuvent refuser d’être soignées. »
Manque de médecins
Les mouvements de colère se suivent à l’EPSM. « Avant l’été, c’était contre les fermetures de lits, rappelle Valérie Manceau. Pendant l’été, contre la dégradation des conditions de travail. » Cette nouvelle mobilisation « concerne l’ensemble des 1 350 salariés de l’EPSM : les soignants, les éducateurs, mais aussi le personnel administratif et technique. Certains qui nous ont rejoints aujourd’hui n’avaient jamais fait grève ».
CGT et FO précisent qu’il manque « cinquante médecins psychiatres. Ils ne sont actuellement que 26 équivalents temps pleins. Et aucune perspective de recrutement à l’horizon ». Côté infirmier et autres personnels soignants, « il manque aussi des effectifs, même si la direction ne partage pas cet avis ».
20 000 patients
Les grévistes déplorent « un délitement général » des soins psychiatriques. « Nos 197 lits sont occupés. Et en hôpital de jour, ce sont 20 000 patients qui doivent être suivis à l’année, en Sarthe. » Tous ne le sont pas : « Des patients sont dehors, sans soins ni traitement. Et sont potentiellement dangereux pour eux-mêmes ou pour les autres. »
Une assemblée générale a décidé de poursuivre le mouvement, « dans l’immédiat par des actions internes à l’EPSM ».