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En Sarthe, il provoque « une scène de panique » dans un magasin... |
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Le tribunal a ordonné le maintien en détention. © Archives Ouest-France
Déjà condamné pour violences, un homme de 51 ans a agressé des adolescentes et des gendarmes, dans un supermarché à Bouloire (Sarthe), le 24 octobre 2024. Il écope d’une peine de prison ferme.
C’est « une scène de panique », selon le président du tribunal correctionnel du Mans (Sarthe), qu’a causé un homme de 51 ans, au Super U de Bouloire, le matin du jeudi 24 octobre 2024. Près des caisses, il entame une bouteille de calvados qu’il a prise dans un rayon. S’approche de trois adolescentes, leur porte « un regard noir », les serre de près, en bouscule une. Le directeur de l’enseigne intervient, les gendarmes sont alertés. « Dès leur arrivée, vous tentez de les frapper », rappelle le juge au prévenu, ce mardi 29 octobre 2024, en audience de comparution immédiate.
Alors qu’il est sous sursis probatoire, pour de précédentes violences, le forcené donne des coups de poing, de pied, fait pleuvoir insultes et menaces, jette un ordinateur portable à la tête d’un gendarme. Celui-ci riposte avec son pistolet à impulsion électrique. L’homme tombe, se relève, toujours plus enragé. Il est finalement maîtrisé au sol. Les militaires doivent même lui menotter les chevilles. L’un d’eux est blessé à la jambe et présente un gros hématome.
« Que va-t-on faire de vous ? »
Des clients sont partis « en courant », une caissière est « traumatisée », un enfant a cru que « vous alliez tuer tout le monde », les adolescentes agressées ont « pleuré deux heures de retour chez elles », énumère le procureur de la République. Qui ajoute : « Une cliente s’était déjà plainte de votre comportement il y a quelques mois. Que va-t-on faire de vous ? »
Agriculteur, célibataire et sans enfant parce qu’il n’a « pas le temps pour ça », le prévenu ne sait pas, ne sait plus, pourquoi il a agi de la sorte. « Mais je ne suis pas si méchant », minimise-t-il. En défense, Me Nicolas Bouthière plaide la triste condition de son client, « un homme isolé, dans la misère, y compris affective et intellectuelle. Il est de ces agriculteurs dont trois se suicident chaque semaine en France. »
Incarcération
Le tribunal condamne le prévenu à quatre mois ferme, ajoute deux mois au titre de la révocation d’un sursis prononcé précédemment et ordonne le maintien en détention. Il lui est interdit de se présenter au Super U de Bouloire pendant trois ans. Et devra verser 200 et 300 € aux deux gendarmes, en dédommagement du préjudice subi.