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En Sarthe, deux détenus violents aggravent leurs peines... |
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Un détenu a été frappé par deux autres le 10 septembre 2023, dans une cour de promenade de la Maison d’arrêt des Croisettes, à Coulaines (Sarthe). © Archives Ouest-France
Deux jeunes détenus de la maison d’arrêt des Croisettes, à Coulaines (Sarthe) ont été condamnés pour des faits de violences envers un autre détenu, ce vendredi 14 juin 2024 au Mans. L’un d’eux s’en est également pris à des surveillants et des policiers.
Une altercation verbale a dégénéré, dans la cour de promenade des Croisettes, la maison d’arrêt de Coulaines (Sarthe), le 10 septembre 2023. Deux détenus ont frappé un troisième, à coups de poing, de pied et de genou. « C’est lui qui voulait se battre. Il m’a demandé de lui apporter des cigarettes et a menacé d’envoyer une équipe chez moi », explique l’un des prévenus, âgé de 21 ans, devant le tribunal correctionnel du Mans, ce vendredi 14 juin 2024.
« Une minute et 24 secondes de coups, à deux, a chronométré le procureur de la République, devant les images de vidéosurveillance. C’est long. » Hématomes, nez cassé, la victime s’est vue prescrire six jours d’incapacité totale de travail (ITT).
« Un psychopathe »
L’autre prévenu, Mike Ekoula, 20 ans, doit également répondre d’agression verbale envers des surveillants, le 19 septembre 2023. Alors que ces derniers lui apportent son repas dans sa cellule, le jeune homme réclame une brosse à dents. Qu’ils n’ont pas sous la main. Ils essuient alors une bordée d’injures et menaces de mort.
Le même détenu a encore aggravé son cas, alors qu’il est placé en garde à vue, le 9 janvier 2024. « C’est un psychopathe, intolérant à la frustration », selon le procureur de la république.
Policiers blessés
Cette fois, il insulte des policiers et parvient même à en blesser deux. L’un d’eux aura dix jours d’ITT pour un pouce retourné, l’autre une incisive fêlée et le nez cassé d’un coup de poing. « Je ne voulais pas aller en garde à vue mais à l’hôpital », explique-t-il. « Catastrophique, à désespérer de la nature humaine, déplore le procureur. Une enfance difficile ne justifie pas tout. »
Le casier judiciaire de Mike Ekoula porte huit condamnations : violences, vol aggravé, port d’arme, extorsion, escroquerie, stupéfiants… En 2023, il a pris quatre ans ferme. Le tribunal en ajoute trois. Abdul Sanogo, lui aussi en récidive d’actes de violences, est condamné à deux ans ferme, au-delà des réquisitions du parquet. Tous deux sont maintenus en détention.