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Emploi, habitat, mobilités : l’arrondissement de Mamers décrypté dans une étude... |
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Mamers, sous-préfecture de l’un des trois arrondissements de la Sarthe, compte 149 000 habitants. © archives Le Maine Libre
L’Insee des Pays de la Loire s’est penché sur l’arrondissement de Mamers qui s’étend de Sillé-le-Guillaume à l’ouest à Saint-Ulphace à l’est aux portes de l’Eure-et-Loir. Sans révélations profondes, il relève néanmoins certaines tendances qui pourraient orienter et guider les choix des politiques publiques, à commencer par ceux des futures équipes municipales.
Au nord du département de la Sarthe, l’arrondissement de Mamers se trouve à la croisée de grands axes de communication nord-sud (Alençon – Le Mans) et est-ouest (Le Mans – Chartres).
La plus petite commune de l’Ouest
Le territoire regroupe 190 communes, allant de Nauvay, la plus petite, avec 12 habitants, à La Ferté-Bernard, la plus peuplée, avec 8 740 habitants. Au 1er janvier 2023, l’arrondissement compte 149 000 habitants, soit 4 % de la population régionale et 26 % de celle de la Sarthe. L’arrondissement de Mamers se caractérise par une forte identité rurale, avec 98 % de communes classées rurales d’après la définition de la grille de densité européenne
, note l’Insee dans son étude publiée ce mercredi 28 janvier 2026.Des bourgs ruraux sont répartis sur l’ensemble du territoire, comme Mamers ou Savigné-l’Évêque. Au sein de cette ruralité, les communes rurales à habitat dispersé sont majoritaires et représentent plus de la moitié des communes de l’arrondissement
.
Au total, la moitié de la population de l’arrondissement vit dans une commune à habitat dispersé ou très dispersé.
Seules quatre communes sont qualifiées d’urbaines : Arçonnay et Saint-Paterne – Le Chevain, appartiennent à la ceinture urbaine d’Alençon, tandis que La Ferté-Bernard et la commune voisine de Cherré-Au se distinguent comme petites villes dans ce territoire. La densité de population de l’arrondissement, plus faible que celle du département et de la région, est de 51 habitants au kilomètre carré (hab/km²) en moyenne, contre 91 hab/km² dans la Sarthe et 121 hab/km² dans les Pays de la Loire.
Un territoire tourné vers deux pôles d’emploi extérieurs
 La moitié des habitants de l
’
arrondissement de Mamers dépendent
 d
e deux pôles d’emploi situés hors du territoire
 », rappellent les auteurs de l’étude. Le plus grand est celui du Mans, chef-lieu du département : un tiers de la population de l’arrondissement de Mamers réside dans cette aire.
Le deuxième pôle d’emploi est celui d’Alençon, de taille plus réduite, avec 81 000 habitants. Situé hors du département, il attire 15 % de la population de l’arrondissement
.
Quatre autres pôles d’attractivité complètent le maillage de l’arrondissement : La Ferté-Bernard, Mamers, Saint-Calais et Sillé-le-Guillaume.

Le secteur de l’agroalimentaire reste important dans la partie est de l’arrondissement avec notamment l’usine de l’abattoir Socopa à Cherré. archives Le Maine Libre
Ces pôles comptent chacun moins de 50 000 habitants et sont quasiment entièrement situés sur le territoire. Ensemble, ils regroupent un tiers de la population de l’arrondissement de Mamers. 13 % des habitants vivent dans une commune hors de toute aire d’attraction des villes.
La mobilité domicile-travail, un enjeu
Selon l’étude de l’Insee, les déplacements domicile-travail illustrent l’ouverture de l’arrondissement vers l’extérieur. En effet, 45 % de ses actifs occupés exercent leur activité professionnelle en dehors du territoire, tandis que 23 % vivent et travaillent dans la même commune
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Une baisse de la population mais pas partout
En 2023, 149 000 habitants résidaient dans l’arrondissement de Mamers. Depuis 60 ans, sa population a connu plusieurs fluctuations : après une légère baisse dans les années 1960-1970, elle a progressivement augmenté pour atteindre un pic à 153 000 habitants en 2011, avant de se stabiliser avec une tendance récente à la baisse.
Si, dans l’ensemble, l’arrondissement de Mamers perd des habitants, cette tendance n’est pas uniforme sur tout le territoire
, note l’Insee. Certaines communes, notamment situées dans la communauté de communes du Gesnois bilurien comme Tresson ou Saint-Corneille, gagnent chaque année des habitants.
À l’inverse, les communes plus éloignées du Mans, à l’exception de celles situées à proximité de Mamers, perdent des habitants, principalement en raison d’un nombre de départs supérieur à celui des arrivées »,
constatent les analystes de l’Insee qui relèvent une tendance intéressante. Les nouveaux arrivants sur le territoire ont un profil différent de la population déjà installée : ils sont plus jeunes et actifs. Ainsi, les 25-39 ans représentent 36 % des arrivants contre 19 % de la population résidente, et les actifs occupés représentent 60 % des arrivants, soit 10 points de plus que les résidents
.
Plutôt locataires
Les deux tiers de ces nouveaux habitants conservent leur emploi en dehors de l’arrondissement. Par ailleurs, ils sont deux fois plus souvent locataires et résident deux fois plus fréquemment en appartement que les habitants installés de longue date.
Dans ses prospectives, l’Insee prévoit qu’à partir des années 2060, la tendance de la baisse de la population s’inverserait : L’arrondissement accueillerait alors davantage de nouveaux habitants, surtout des actifs, tandis que les départs de mineurs seraient moins nombreux
.
Selon le scénario central, s
.i les
tendances démographiques récentes se maintenaient, la population des 20 à 64 ans diminuerait d’environ 15 600 habitants en 50 ans, tout en continuant de représenter la moitié de la population de l’arrondissementÂ
Les écoles, un service de proximité
En 2024, l’arrondissement de Mamers compte 147 établissements d’enseignement primaire, dont une majorité d’écoles regroupant les niveaux maternel et élémentaire au sein d’un même établissement.

57 % des communes de l’arrondissement disposent d’une école Archives illustration CO LAURENT COMBET
Ces écoles sont situées sur tout le territoire : 57 % des communes de l’arrondissement disposent d’une école, couvrant ainsi 87 % de la population. En revanche, 13 % des habitants doivent se rendre dans une commune voisine pour scolariser leurs enfants, et parmi eux 4 % parcourent plus de sept minutes en voiture pour rejoindre l’école la plus proche
, indique l’Insee. En 2022, la part des enfants de 3 à 11 ans varie du simple au quintuple en fonction des communes, allant de 4 % à 19 % de la population. Les communes les plus proches du Mans concentrent les proportions les plus élevées, tandis que cette part diminue progressivement à mesure de l’éloignement avec la métropole mancelle.