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Dior, Monet, Gauguin... Ces maisons d’artistes à découvrir dans le Grand Ouest... |
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Le musée Christian Dior, maison d’enfance du futur parfumeur, à Granville. © Jean-Michel Niester, archives Ouest-France
De nombreux artistes, originaires du pays ou tombés amoureux du Grand Ouest, s’y sont installés. Leur maison donne un aperçu de leur quotidien et leur processus de création. Ailleurs en France, des lieux ouvrent leurs portes
Robert Tatin. Né à Laval en 1902, le sculpteur part faire ses études à Paris. Il voyage beaucoup, explore l’Amérique du Sud pendant cinq ans avant de retrouver ses racines mayennaises. À l’âge de 60 ans, il pose ses valises à Cossé-le-Vivien et y reste jusqu’à sa mort en 1983. C’est tout sauf une retraite. Pendant vingt ans, il transforme le lieu-dit en véritable musée à ciel ouvert avec l’aide de son épouse Lise. L’allée de statues géantes et la sculpture monumentale qui entoure la maison témoignent de son excentricité. Ses œuvres en ciment sont à la croisée de l’art brut, l’art naïf et le surréalisme, même si l’artiste refusait les étiquettes.
Musée Robert Tatin, La Maison des Champs, à Cossé-le-Vivien (Mayenne).
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Yvonne Jean-Haffen. Née à Paris en 1895, l’artiste acquiert avec son mari la propriété La Grande-Vigne située sur le port de Dinan, deux ans avant le début de la seconde guerre mondiale. La maison devient un espace de création : la touche à tout peint une fresque dans la cuisine, installe du mobilier qu’elle a dessiné, travaille sur des décors avec son amant et pair Mathurin Méheut. Influencée par l’Art Déco, l’artiste a un style qualifié de «réalisme décoratif». Traduisez : elle joue avec les contrastes, les lumières, les lignes de force pour embellir le réel. De son vivant, elle donne la maison à la ville de Dinan en 1987, avec près de 5000 tableaux, dessins, gravures et céramiques.
Musée Yvonne Jean-Haffen, 103 rue du Quai à Dinan (Côtes-d’Armor).
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Les objets personnels d'Yvonne Jean-Haffen, toujours présents à la Grande-Vigne, comme ici dans l'atelier. Archives Ouest-France
Léonard de Vinci. Grand admirateur de l’Italien, François Ier lui met à disposition le château du Clos Lucé en 1516. Le peintre italien y séjourne les trois dernières années de sa vie. Et il ne chôme pas. Il peaufine des toiles, comme La Joconde, et travaille sur de nombreux projets pour le roi : il organise des fêtes avec des automates, conçoit les plans à double révolution de Chambord et de maisons démontables pour la Cour. Au rez-de-chaussée, une restitution de son atelier côtoie des maquettes qui rappellent son ingéniosité. C’est dans la chambre donnant sur le château d’Amboise qu’il rédige son testament et meurt le 2 mai 1519.
Château du Clos Lucé, 2 rue du Clos Lucé à Amboise (Indre-et-Loire).
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Le château du Clos-Lucé, demeure de Léonard de Vinci, à Amboise. Marc Ollivier, archives Ouest-France
Sarah Bernhardt. Elle tombe amoureuse de Belle-Île dans les années 1890. Elle achète pour une bouchée de pain le fortin de la pointe des Poulains, qu’elle rejoint l’été pour fuir Paris. Elle qui aurait aimé faire les Beaux-Arts s’adonne à la peinture et la sculpture, apprend ses rôles, et se laisse aller aux activités de bord de mer comme la pêche à la crevette. Elle tâche de mettre sa notoriété au service de Belle-Île : le 22 octobre 1922, suite à un raz de marée qui brise les bateaux des pêcheurs, elle lance une campagne de dons pour indemniser les travailleurs. Malade, elle décède en 1923 loin de son île de cœur.
Espace muséographique Sarah Bernhardt, Pointe des Poulains à Sauzon (Morbihan).
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Le Fort de Sarah Bernhardt, Ã la Pointe des Poulains, sur Belle-ÃŽle. Archives Ouest-France
Christian Dior. C’est dans cette villa rose avec vue sur mer qu’il fait ses premiers pas. Enfant, il passe beaucoup de temps dans le jardin aménagé par sa mère Madeleine. C’est un éveil olfactif pour le futur parfumeur. Dans ses mémoires, il affirme qu’il doit son style à l’architecture de cette maison familiale. La famille doit s’en séparer en 1938, la crise de 1929 ayant raison de sa fortune. Elle est rachetée par la Ville qui la transforme en musée dans les années 80. Chaque année, une nouvelle exposition met en valeur les créations du célèbre couturier.
Musée Christian Dior, 1 rue d’Estouteville à Granville (Manche).
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Charles Milcendeau. En 1905, le Vendéen utilise son héritage pour acheter une propriété à Bois-Durand près du bourg de Soullans (Vendée). Située au cœur du marais, cette maison qu’il baptise Bois-Sacré, est propice à la création. Elle est ornée de peintures d’inspiration mozarabe, souvenirs de ses neuf ans passés en Espagne. Le musée qui jouxte la maison contient la plus grande collection consacrée à l’artiste. Connu pour ses œuvres réalistes, il a beaucoup peint le monde paysan, des scènes du quotidien de sa campagne natale mais aussi des paysages inspirés de ses voyages.
Musée Charles Milcendeau, 84 chemin du Bois-Durand à Soullans (Vendée).
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Claude Monet. Le peintre impressionniste s’installe dans cette maison en 1883 et y reste jusqu’à sa mort en 1926. Passionné par le jardinage autant que par la peinture, il conçoit ses jardins comme ses œuvres, en prêtant une attention à la perspective, aux ombres et aux couleurs. Il plante ici des capucines, des roses et des jonquilles, là des cerisiers et des abricotiers du Japon. Son jardin est aussi son atelier. Il passe son temps à peindre le pont japonais vert, la nature qui change de couleurs au gré de la journée et des saisons, et l’iconique bassin aux nymphéas dans lequel se reflète le ciel. Visiter sa maison permet de plonger dans cet univers qu’il a créé et qui l’inspirait tant. Seul bémol : le site est pris d’assaut par les touristes.
Maison et jardins de Claude Monet - Giverny, 84 rue Claude Monet 27620 Giverny (Eure)
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La maison natale de Jean-François Millet, à Gruchy, hameau du village de Gréville-Hague (Manche), patrie du peintre peintre. Archives Ouest-France
Jean-François Millet. Figure incontournable de l’École de Barbizon, le peintre paysagiste grandit dans le hameau Gruchy en Normandie. Issu d’une famille paysanne, pieuse et aisée, il aide à la ferme et dans les champs. Même s’il revient rarement, le créateur de L’Angélus est marqué par son village natal. Sa maison d’enfance replonge dans son parcours, expose aussi bien des œuvres originales que des outils agricoles et des objets du quotidien qui permettent de comprendre son époque.
Maison natale Jean-François Millet, 19 Hameau Gruchy 50440 La Hague (Manche)
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Expositions, ateliers... Découvrir les maisons d’artistes autrement
Exposition à la Maison Balzac. Le talent des artistes est souvent attribué à un don naturel. C’est oublier que le processus de création nécessite beaucoup de travail. Honoré de Balzac lui-même en a rayé des pages, avant d’être satisfait. Comme lui, de nombreux artistes ont essayé, raté, recommencé. L’exposition Les Voies ardentes de la création raconte la persévérance de l’écrivain mais aussi de Rodin, Alechinsky, Picasso et d’autres.
Jusqu’au 15 mars 2026 ; adresse : 47 rue Raynouard dans le XVIe arrondissement de Paris ; tarif : 11 €. Plus d’informations sur maisondebalzac.paris.fr
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La Maison Caillebotte, Ã Yerres (Essonne), en 2017. Archives Hans Lucas via AFP
Atelier de peinture à la Maison Caillebotte. C’est dans cette demeure dans la région parisienne que Gustave Caillebotte vécut entre 1860 et 1879 et réalisa plusieurs dizaines de toiles. Un cadre inspirant pour s’essayer à l’art impressionniste. Lors d’ateliers, un peintre professionnel guide le public pour représenter la neige, un bouquet ou un jardin à la manière de.
Prochains ateliers sur réservation : 25 janvier, 14 février, 22 mars 2026 ; adresse : 10 rue de Concy à Yerres (Essonne) ; tarif : 35 €. Plus d’informations sur maisoncaillebotte.fr
Visite imaginaire au Musée Gustave-Moreau. Les toiles de Gustave Moreau remplissent les murs de cette maison familiale transformée en musée de son vivant. Animée par des comédiennes, la « visite imaginaire » s’appuie sur le jeu théâtral et la poésie pour plonger dans l’œuvre de l’artiste.
Prochaine visite le 24 janvier 2026 ; adresse : 14 rue Catherine de la Rochefoucauld, dans le IXe arrondissement de Paris ; Tarif : 10 €, réduit : 8 €, famille (4 personnes) : 30 €. Plus d’informations sur musee-moreau.fr
Visite de connaisseurs à la Maison George Sand. L’écrivaine a hérité de ce domaine de l’Indre où elle travaillait la journée, recevait famille et amis le soir. La visite commentée « Nohant autrement », qui dure une heure et demie à deux heures s’adresse à des connaisseurs : elle se concentre sur les aménagements apportés par l’autrice et fait découvrir des pièces fermées au public, comme l’atelier de Maurice, son fils.
Prochaine visite le 29 novembre, sur réservation ; adresse : 2 place Sainte-Anne à Nohant-Vic (Indre) ; tarif : 9 €. Plus d’informations sur maison-george-sand.fr