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Des sinistrés climatiques attaquent l’État en justice : un Sarthois dans la bataille... |
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Mohamed Benyahia accuse l’État de ne rien faire contre le risque de retrait gonflement des argiles, qui provoquent des fissures sur les maisons, dont la sienne ici à Neuville-sur-Sarthe. © Photo archives Le Maine Libre
Quatorze personnes et associations, parmi lesquelles un Sarthois, attaquent l’État en justice, l’accusant de ne pas les protéger suffisamment contre les effets.
Onze sinistrés climatiques et trois associations ont déposé un recours devant le Conseil d’État ce mardi 8 avril 2025 : ils accusent l’État français de manquer à son obligation de protéger tous les citoyens face au changement climatique.
Le Conseil d’État est la plus haute juridiction de l’ordre administratif. Les requérants estiment que les mesures prises par l’État (notamment dans le cadre du plan national d’adaptation au changement climatique) sont insuffisantes.
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« Un profond désarroi »
Un Sarthois, Mohamed Benyahia, président de l’association Urgence Maisons Fissurées, fait partie des requérants. En 2008, des fissures sont apparues sur sa maison, située à Neuville-sur-Sarthe. L’état de catastrophe naturelle n’étant pas reconnu, son assurance refuse toute indemnisation. Depuis, la situation ne cesse de se détériorer : il doit installer des étais pour soutenir sa maison et entend chaque jour des craquements inquiétants.
Son objectif, par cette action en justice, est de faire évoluer les critères de reconnaissance des catastrophes naturelles et de renforcer les mécanismes d’aide aux personnes touchées par le phénomène dit de retrait gonflement des argiles.
Selon l’association Urgence Maisons Fissurées, environ 2 000 maisons seraient touchées en Sarthe.  Les fissures s’étendent, rendant les habitations de plus en plus fragiles et plongeant de nombreuses familles dans un profond désarroi.Â
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Accès à l’eau, pertes agricoles, inondations
Ce recours contre l’État concerne aussi des inondés ; des personnes malades ou en situation de handicap souffrant des vagues de chaleur ; des paysans touchés par les pertes agricoles ; ou encore une habitante de Mayotte pour qui l’accès à l’eau potable est compliqué. Tous sont soutenus par les associations Oxfam France, Notre Affaire à Tous et Greenpeace France, également parties prenantes.
Portée devant le Conseil d’État, cette action en justice ne vise pas à obtenir des indemnisations personnelles pour les sinistrés, mais à obliger l’État à prendre des mesures concrètes et efficaces pour protéger et soutenir toutes les populations face aux risques climatiques.