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Des requins testés positifs à la cocaïne et aux antidouleurs dans les eaux des Bahamas... |
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Des traces de caféine, de médicaments et de cocaïne ont été retrouvées dans l’organisme de requins aux Bahamas. Photo d’illustration. © Kévin Guyot / Archives Ouest-France
Une vingtaine de requins vivant dans l’archipel des Bahamas ont été testés positifs à la caféine, aux antidouleurs et à la cocaïne. Une étude dévoilée fin mars s’alarme des effets de la pollution humaine, notamment de certaines substances légales très présentes dans nos vies, et des conséquences qu’elle peut avoir sur les écosystèmes marins.
Des requins drogués ? Dans le cadre d’une nouvelle étude relayée par CBS News  jeudi 26 mars 2026, des chercheurs ont détecté la présence de caféine, d’antidouleurs et même de cocaïne dans le sang de plusieurs squales vivant dans les eaux des Bahamas. Ces derniers ont été capturés à plus de six kilomètres au large d’une île assez isolée, et des prises de sang ont été réalisées.
Des changements comportementaux à venir ?
Au total, 24 drogues et substances médicamenteuses, légales et illégales, ont été testées. Résultat : sur les 85 requins de cinq espèces différentes capturés, 28 d’entre eux présentaient des niveaux détectables de caféine, de deux antidouleurs vendus sans ordonnance et de cocaïne (pour l’un d’entre eux) dans le sang. Certains étaient positifs à plus d’une substance à la fois.
Des études menées dans d’autres régions du monde, comme au Brésil en 2024, avaient donné des résultats similaires. Les scientifiques craignent que cela provoque des changements comportementaux qui affecteraient la survie des populations de requins. « Une exposition chronique à ces substances, qui n’ont aucun équivalent dans l’écosystème marin, pourrait avoir des effets négatifs qu’on ne comprend encore que trop peu », a résumé une chercheuse.
Une pollution maritime « alarmante »
La caféine, divers médicaments et la cocaïne sont de plus en plus reconnus comme des contaminants des milieux marins, notamment dans les zones subissant « une urbanisation rapide et un développement touristique », selon les chercheurs. Si la présence de cocaïne attire l’attention, la présence de caféine et de médicaments est très inquiétante.
« C’est tout aussi alarmant, indique Natascha Wosnick, zoologiste brésilienne. Ce sont des substances légales, consommées régulièrement et souvent négligées. Mais leur empreinte environnementale est clairement détectable. » Les chercheurs appellent à plus d’études sur le sujet et une prise de conscience urgente et globale de la pollution marine.