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Dans les villages sarthois, la question de la transition énergétique avec un petit budget... |
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À Chahaignes, la municipalité a opté pour du photovoltaïque qui alimente la pompe à chaleur de l’Ehpad ainsi que l’ensemble de la consommation énergétique de l’établissement les jours d’ensoleillement. © Ouest-France
Malgré une faible participation des maires ruraux de la Sarthe à leur assemblée générale, samedi 15 novembre 2025, la réunion a été l’occasion de faire le point sur la transition écologique avec des budgets contraints.
Sur les 150 adhérents à l’association sarthoise des maires ruraux de France, vingt-cinq ont fait le déplacement jusque dans le grand nord de la Sarthe, à Villeneuve-en-Perseigne. Une petite réunion renforcée au moment de la table ronde avec l’arrivée d’officiels tels que le préfet, des parlementaires et des agents de l’État. « L’année dernière, nous étions dans le Sud, mais nous voulions venir dans le nord du département pour tenter d’attirer de nouveaux adhérents, explique Mélanie Cosnier, vice-présidente de l’association. Les enjeux pour la ruralité sont importants, d’autant plus avec des budgets contraints qui risquent de l’être encore plus l’année prochaine. »
Axe majeur de la réunion du 15 novembre 2025 : quelles solutions pour la transition écologique, notamment la rénovation des bâtiments et l’énergie, dans les communes rurales dont les budgets sont de plus en plus contraints ? Quatre maires ont témoigné des solutions trouvées pour faire baisser des charges de fonctionnement de bâtiments grâce à des investissements ciblés sur la transition énergétique.

Mélanie Cosnier, vice-présidente de l’association des maires ruraux, maire de Souvigné-sur-Sarthe. Ouest-France
Des investissements pour faire baisser les factures électriques
Les quatre élus ont donc surtout évoqué les économies d’énergie espérées après l’installation de nouveaux modes de chauffage. À Chahaignes, des pompes à chaleur réversibles sont installées pour son Ehpad. Pour les alimenter, la municipalité a décidé d’investir dans le photovoltaïque. « Quand il fait beau, cette alimentation énergétique nous permet de prendre en charge toute la consommation électrique de l’établissement. En renégociant avec les fournisseurs, nous espérons une baisse de 30 % de la facture. »
À La Chapelle-d’Aligné et au Luart, c’est la géothermie qui a été choisie. Dans le premier village, elle permet de chauffer la salle de 160 m2 dédiée aux personnes âgées et handicapées et « on estime une économie énergétique de 30 à 40 % par rapport au chauffage au fuel ».
Au Luart, la nouvelle installation permet de chauffer la mairie, la salle des fêtes, le local de France service ainsi qu’un logement. Là encore, un allégement de la facture est attendu.

Le préfet Sébastien Jallet est venu garantir le soutien de l’État aux maires de la Sarthe. Ouest-France
Complexités administratives
Outre ces investissements en vue de faire des économies sur le fonctionnement des collectivités, le maire de Tennie a interpellé les services de l’État et surtout la Région, face à la complexité des démarches administratives pour obtenir des aides. « C’est d’autant plus difficile que la Région demande que tout soit signé au préalable. On doit donc attendre le dernier moment pour savoir si les subventions seront accordées alors même que nous avons dû nous engager envers les prestataires. » Une remarque complétée par le maire de Fatines sur le montage complexe des dossiers, et du maire Cures qui a demandé à faire évoluer les dispositions.
Les complexités des démarches administratives, le maire de Chantenay-Villedieu en a donné un bel exemple : « Notre dossier pour le permis de construire d’un champ photovoltaïque sur la parcelle traversée par la LGV va enfin être instruit, mais pendant un an. Cela veut dire qu’il faudra dix ans pour aboutir à un tel projet alors que nous avons tous besoin des énergies renouvelables. »
Le préfet de la Sarthe a tenu à rassurer les maires sur les budgets et a rappelé que les aides de l’État cumulées sont passées de 7,4 à 23 millions d’euros en dix ans. « Les financements ne sont pas en baisse si on regarde sur dix ans, et ces aides sont très légitimes pour nos territoires ruraux. »