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Crannes-en-Champagne. Une restauratrice d’œuvres anciennes s’installe dans le village... |
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Après avoir exercé à Sablé-sur-Sarthe et au Mans, Julie Papin, restauratrice d’œuvres anciennes, s’est installée à Crannes-en-Champagne pour le calme et la proximité des grandes villes. © Le Maine Libre
Après avoir exercé à Sablé-sur-Sarthe et au Mans, Julie Papin a fait le choix de déménager à Crannes-en-Champagne pour bénéficier d’un atelier plus grand et de la sérénité de la campagne.
Je voulais du calme pour travailler et recevoir mes clients.
Julie Papin a trouvé à Crannes-en-Champagne ce qu’elle cherchait. La restauratrice d’œuvres anciennes, principalement de peintures, s’est installée il y a un mois et demi avec son compagnon dans cette commune de 350 âmes. L’atelier, installé au fond du jardin, attend tout juste les derniers travaux.
« L’accueil a été très bon »
Après dix ans d’études, la Noyennaise a exercé son métier à Sablé-sur-Sarthe auprès de son ancienne maîtresse d’atelier puis à son compte pendant trois ans au Mans. Lassée par le manque d’espace, Julie Papin a décidé de s’éloigner de la ville. Je me déplace beaucoup, notamment à Paris. Ici, on est bien situé. On est à une ou deux heures des grandes villes. En plus, il y a déjà cinq ou six artisans dans le village. L’accueil a été très bon.
Celle qui écoute plutôt du rock que de la musique classique lorsqu’elle intervient sur une peinture compte, à terme, organiser des journées portes ouvertes pour faire connaître son métier souvent obscur
. Je trouve ça intéressant de rendre le métier accessible et de la dépoussiérer
, insiste Julie, qui a essuyé des refus de professionnelles lorsqu’elle a commencé son cursus. Mes clients sont des gens qui m’amènent des toiles retrouvées dans un grenier, cela peut être des tableaux chinés dans des brocantes ou qui ont une valeur sentimentale. Mes devis sont gratuits. Je prends le temps d’expliquer mes différentes opérations.
« Je suis au service du tableau »
Reprise d’accrocs sur une toile, changement de chassie, ou redonner de l’éclat aux couleurs en changeant le vernis : les interventions peuvent aller d’une centaine d’euros à dix fois cela. Chaque tableau est unique et aura son traitement. Ce n’est pas la valeur de l’œuvre qui fait varier le prix final de mon intervention.
La passionnée d’histoire de l’art se définit plutôt comme artisan qu’artiste : Ce qui m’intéresse, c’est de préserver l’œuvre le plus longtemps possible pour qu’elle dure dans le temps. C’est toujours très émouvant de voir comment l’artiste a travaillé, quelles techniques il a utilisées. Je suis au service du tableau. Je contribue modestement à préserver la culture.
Et de préciser : Il ne s’agit pas d’apporter quelque chose mais de respecter l’œuvre. Il faut en faire le moins possible. Une intervention est une dégradation quelque part, même si c’est pour le bien de l’œuvre.