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Covid-19. En livrant des repas, les gérants du Saint-Pierre ont les clés de la résilience... |
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Jérôme et Marie Beslu, les patrons de l’Hôtel Saint-Pierre, livrent une trentaine de plateaux « maison » chaque jour et maintiennent les soirées étape. © Le Maine Libre
En ce printemps 2021, Marie et Jérôme Beslu, les patrons de l’Hôtel Saint-Pierre à Ruillé-sur-Loir, demeurent résolument positifs. La livraison de repas leur donne « envie de se lever le matin ».
Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté
disait le philosophe Alain de Mortagne-au-Perche.
En plein bourg de Ruillé-sur-Loir, on cultive cet adage avec bonheur. Marie et Jérôme Beslu, hôteliers-restaurateurs, avaient su faire oublier la triste parenthèse de la fin des années 2000.
La période actuelle les soude encore davantage à leur métier.
« Gagner en relationnel »
Dès le premier confinement, quand l’État nous aidait peu, nous avons mis en place les livraisons de repas. On ne réalise pas un gros profit parce qu’on livre gratuitement jusqu’à Trôo et qu’on est deux à tourner. Mais on préfère continuer et gagner en relationnel.
De fait, le couple passe toutes ses matinées sur la route avec un système astucieux de maintien des plats chauds dans une vraie vaisselle rendue le lendemain. À 12 h 30, c’est le tour des habitants du bourg qui passent chercher leur « panier ». Une habitude bien rodée qui maintient le Saint-Pierre en vie.
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Des clients affichent leur soutien
Marie ne s’en cache pas : J’aime avoir du monde autour de moi ».
Et les cinq salariés partis en chômage partiel, il fallait continuer à « voir » des gens, sans jeu de mots pour l’ancienne opticienne. Notre force, c’est de ne pas penser qu’à l’argent
note Jérôme. Le travail, alors, permet de ne pas avoir le moral dans les chaussettes, donne envie de se lever le matin ».
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Les quelques clients de l’hôtel en semaine apprécient que la soirée étape ait pu être maintenue avec dîner et petit-déjeuner servis en chambre ou dans la grande salle en solo. Autant de gens qui repasseront un jour…
Et l’avenir ? L’incertitude sur la sortie de crise ? Je me mets des œillères, je vis au jour le jour,
avoue Marie. On a le retour des clients de Ruillé et d’ailleurs qui nous soutiennent : on vient de nous offrir une orchidée.