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Coronavirus. Sarthe : maman travaille, papa fait l’école à la maison... |
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Courdemanche, le 16 mars 2020. Depuis l’annonce des mesures de confinement, Didier s’est mis en arrêt pour s’occuper de ses enfants. © Photo Le Maine Libre
Avec les mesures de confinement mais aussi, pour certains, l’obligation de travailler, les familles s’organisent. Chez les Davoy à Courdemanche, maman travaille et c’est papa qui est s’est mis en arrêt pour s’occuper de ses enfants.
La famille Davoy habite Courdemanche, dans le sud-Sarthe. Eloïse et Didier ont deux enfants : Soen, 7 ans, en CP, et Timaé, 4 ans, en moyenne section. Les deux enfants sont scolarisés au sein de l’école du village, fermée, comme tous les établissements scolaires, depuis le lundi 16 mars 2020.
Les deux parents travaillent : elle dans un centre pour personnes handicapées, lui dans une entreprise de mécanique de précision.
Au début
, raconte Didier, étant donné que l’on travaille tous les deux, on avait prévu de mettre les enfants à gauche et à droite.
Les grands-parents, les amis, la famille proche avaient été sollicités. Tout était organisé.
Et puis, patatras, dans la soirée du lundi 16 mars 2020, le Président Emmanuel Macron annonce les premières mesures de confinement. J’ai alors pris la décision de me mettre en arrêt pour m’occuper de mes enfants
, raconte Didier. Une décision prise dans la soirée, «même si j’avais déjà eu l’idée avant
.
Didier a alors téléchargé l’attestation de garde des enfants à domicile sur le site du gouvernement. Je l’ai imprimé, rempli, scanné et envoyé à mon entreprise.
Dès mardi matin, il était officiellement consigné à domicile pour s’occuper de sa famille.
Au boulot, l’activité a baissé. Ils prévoyaient de toute façon de mettre en place du chômage partiel
, explique le technicien qualité.
Au sein de l’entreprise, on est que deux salariés à avoir des enfants âgés de moins de 16 ans. J’ai la chance de pouvoir me mettre en arrêt et, comme il faut limiter les contacts
, il n’a pas hésité longtemps. On essaye de protéger sa famille.
Sa compagne Eloïse est aide médico-psychologique dans un centre pour personnes handicapées. Tous les résidents sont confinés. Elle n’a pas le choix, il faut qu’elle se rende à son travail.
Alors, pendant que maman travaille, c’est papa qui fait école à la maison. On a mis les bureaux des enfants dans le salon. On essaye de faire les leçons le matin.
La maîtresse du plus jeune avait donné des documents avant la fermeture de l’école. Et on peut prendre contact avec elle pour en avoir d’autres.
Quant à l’institutrice des CP, elle transmet les devoirs à faire via une application « Educartable ». On n’a pas de problème de connexion, tout se passe bien
, assure le papa, qui s’improvise professeur des écoles. Écrire des lettres, réciter l’alphabet, dire des comptines sont devenus son quotidien.
L’après-midi, on aère tout le monde, on profite du beau temps. En campagne, on a la chance de pouvoir sortir dans le jardin
, mesure cet habitant de Courdemanche. Vendredi, c’était jardin et trampoline.
Un jardin qui a, notamment, permis de faire quelques conserves l’été dernier. Ici, pas de stress pour les courses, d’autant plus que les trois congélateurs sont pleins.
Je suis fils d’agriculteurs et on a aussi des voisins qui ont des poules et des œufs.
Bien sûr, il faudra bien acheter du pain, des pâtes, du beurre.Mais j’attends que le rush soit passé
, confiait Didier en début de semaine, alors que les grandes et moyennes surfaces étaient toutes prises d’assaut.