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Coronavirus. En Sarthe, à pied ou en voiture, il faut avoir le « laissez-passer »... |
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Le Mans, hier. Dès midi, des contrôles ont été mis en place sur l’ensemble du département, comme ici au rond-point des Fontenelles. © Le Maine Libre – Yvon LOUÉ
Depuis ce mardi 17 mars 2020, 12 heures, les forces de l’ordre sont mobilisées pour faire respecter les mesures de confinement. Les personnes qui se déplacent, à pied, en vélo ou en voiture, doivent impérativement fournir un justificatif. En Sarthe, les contrôles et les verbalisations ont débuté.
Il faut rester chez soi.
Depuis midi ce mardi 17 mars 2020, c’est la consigne pour tous les habitants du territoire français. Cette mesure, nécessaire pour lutter contre la propagation du virus Covid-19, a été annoncée lundi soir par le président de la République Emmanuel Macron. Elle a été immédiatement appliquée sur le terrain. En Sarthe, les forces de l’ordre – police et gendarmerie – sont mobilisées pour faire respecter ces mesures de confinement qui dureront au moins 15 jours. Toutes les personnes qui se déplacent, à pied, en vélo ou en voiture, sont susceptibles de se faire contrôler. Sur les grands axes, en périphérie des villes mais également en centre-ville. Pour sortir de chez soi, il faut désormais avoir un motif impératif. Le gouvernement a déterminé cinq motifs de déplacement dérogatoire : se déplacer de son domicile à son lieu de travail dès lors que le télétravail n’est pas possible ; faire ses achats de première nécessité dans les commerces de proximité autorisés ; se rendre auprès d’un professionnel de santé ; se déplacer pour la garde de ses enfants ou pour aider les personnes vulnérables ; faire de l’exercice physique uniquement à titre individuel, autour du domicile et sans aucun rassemblement. Et, quand on a un motif impératif de déplacement, il faut avoir le justificatif sur soi
, explique le commissaire Gillet, de la police nationale au Mans. Les documents nécessaires pour circuler sont disponibles sur le site du gouvernement. Avant de sortir – même pour aller chercher du pain à la boulangerie d’à côté – il faut absolument le remplir et le dater. Un déplacement égale un justificatif
, ajoute le commissaire Gillet. Quand on n’a pas d’imprimante à la maison, on peut aussi faire une attestation à la main, sur papier libre.
Si la personne n’est pas en mesure de justifier son déplacement, elle s’expose à une amende allant de 11 € à 135 €. Les verbalisations débuteront ce mercredi 18 mars. Pour la première journée de contrôle, une décision a été prise : celle de ne pas verbaliser. Il s’agissait surtout d’expliquer, de faire de la pédagogie, de rassurer
, explique le préfet de la Sarthe, Patrick Dallennes. Mais, à partir de ce mercredi, on va appliquer les sanctions prévues. Aujourd’hui, l’amende est de 11 €. Mais elle peut être aggravée par le tribunal à 38 €. Et il est possible que ça passe très rapidement à 135 €
, détaille le préfet. Le président de la République l’a répété à de nombreuses reprises lundi soir : Nous sommes en guerre
. Du côté des forces de l’ordre, c’est la mobilisation générale
, assure le commissaire Gillet. Toutes les équipes sont mobilisées pour faire respecter les mesures de confinement, tout en assurant la sécurité des citoyens.
Les missions premières d’atteintes aux biens et aux personnes ne sont pas abandonnées pour autant. Sur le terrain, gendarmes et policiers ne portent pas forcément de masque de protection, la priorité étant donné aux soignants. Mais ils en ont tous à portée de main et peuvent les utiliser en cas de nécessité, en présence d’une personne qui tousse ou qui se dit malade par exemple. Nous avons mis en place des fiches réflexes
, explique le commissaire. Et les forces de l’ordre doivent de toute façon, elles aussi, respecter les gestes barrières. Il faut donc un mètre entre le policier et la personne contrôlée. Pour le commissaire Gillet, cela ne présente aucune difficulté et c’est même une distance que le policier a l’habitude de respecter, pour sa propre sécurité
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