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Comment le français Mistral AI rêve de devenir un géant de l’intelligence artificielle... |
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Mistral AI est une nouvelle start-up française d’intelligence artificielle (Photo d’illustration). © metamorworks - stock.adobe.com
Trois chercheurs en intelligence artificielle (IA) viennent de lever 105 millions d’euros pour leur entreprise française Mistral AI. Ils veulent rivaliser avec les géants américains de l’IA.
Même pas un mois d’existence, et une première levée de fonds de 105 millions d’euros. Et ce, dans une période morose. Mistral AI, nouvelle start-up française d’intelligence artificielle a fait fort. Créée par des chercheurs du secteur passés par les Gafa américains, elle veut rivaliser, notamment, avec OpenAI, la société derrière ChatGPT.
Son PDG, Arthur Mensch, 30 ans, expert des modèles de langage, vient de passer près de trois ans au sein de DeepMind, le laboratoire d’IA de Google. Les deux autres cofondateurs viennent de Meta (Facebook) : Guillaume Lample est l’un des créateurs du modèle de langage LLaMA dévoilé par Meta en février et Timothée Lacroix était lui aussi chercheur chez Meta.
L’équipe fondatrice pourra également s’appuyer sur les expertises de Jean-Charles Samuelian et Charles Gorintin, cofondateurs du néo-assureur Alan, et de Cédric O, ancien secrétaire d’État au Numérique.
Mistral AI veut proposer aux entreprises des modèles de langage en open source, dont les premiers seront accessibles début 2024. Une utilisation de l’intelligence artificielle générative dans leur infrastructure en gardant le contrôle de leurs données et de leur propriété intellectuelle.
Ils ont réussir à séduire très largement financièrement en regroupant le fonds américain Lightspeed Venture, aux côtés des grands patrons Xavier Niel et Rodolphe Saadé, l’ex-Pdg de Google Eric Schmidt ; les fonds JCDecaux Holding, Motier Ventures – le fonds des Galeries Lafayette –, la Famiglia et Headline en Allemagne, Exor Ventures en Italie… et Bpifrance.
Valorisation à 240 millions d’euros
Cette levée de fonds, qui valorise Mistral AI 240 millions d’euros, doit servir à financer l’entraînement des modèles, coûteux en puissance de calcul,
a précisé la société. Même si ce début financier reste encore très inférieur aux milliards de dollars dépensés par les géants américains pour leurs IA, que ce soient Google, Microsoft ou Meta. Et que l’entreprise n’a encore aucun produit sur le marché...
L’Élysée et le gouvernement sont au chevet de ce nouvel acteur pour essayer de ne pas louper le train de l’IA. Emmanuel Macron a inauguré VivaTech mercredi, le salon de l’innovation technologique… avec à ses côtés Arthur Mensch.