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CNews. RSF, France Télévisions, « Complément d’enquête »… La chaîne du groupe Canal+ enchaîne les dénonciations... |
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Les voix continuent de se dresser contre CNews. © JEAN-MARC BARRERE/Hans Lucas via AFP
CNews, qui vient de lancer sa déclinaison digitale nommée CNews Prime, est une nouvelle fois au cœur de l’actualité. Après France Télévisions, c’était au tour de Reporters sans frontières de dénoncer la chaîne d’info en continu. Ce jeudi 27 novembre, l’émission de France 2 « Complément d’enquête » lui consacrera même un numéro inédit.
Alors que CNews a lancé ce mardi 25 novembre 2025 une nouvelle chaîne digitale, CNews Prime, décrite comme « la petite sœur » de la chaîne d’info en continu, les voix continuent de se dresser contre le groupe de Vincent Bolloré. En pleine querelle contre France Télévisions et Radio France, qui ont assigné en justice CNews, Europe 1 et Le JDD pour dénigrement, CNews fait l’objet d’une nouvelle enquête réalisée par Reporters sans frontières.
L’ONG vient de dénoncer la chaîne d’information en continu. Dans une enquête rendue publique ce mercredi 26 novembre 2025, RSF estime que CNews contourne le respect d’obligation du pluralisme dans les temps de parole.
Un système de « rattrapages nocturnes »
L’ONG, qui annonce qu’elle « va saisir » l’Arcom, a passé au crible les programmes et émissions des quatre chaînes d’information en continu (BFMTV, CNews, France Info, LCI) au cours du mois de mars 2025. Grâce à un outil automatique de capture d’écran, l’enquête a permis d’analyser 700 000 bandeaux - les textes informatifs apparaissant en bas de l’écran.
Lire aussi : « CNews », « chaîne d’extrême droite » : Delphine Ernotte maintient ses propos sur « RTL »
Mais au regard des nouveaux critères de mesure du pluralisme à l’antenne établis par l’Arcom en 2024, RSF estime que seule CNews « s’éloigne de manière flagrante et systématique du cadre imposé ». Pourtant, la chaîne avait pris devant le régulateur audiovisuel une série d’engagements pour le pluralisme en juillet 2024, après avoir été vivement critiquée, sanctionné et rappelé à l’ordre.
RSF va même jusqu’à dénoncer une « triche » de la chaîne d’information du groupe Canal+ , qui utilise un stratagème de « rattrapages nocturnes » pour donner « l’illusion du pluralisme politique » et « rendre une copie propre à l’Arcom ». Ainsi, la chaîne donne largement la parole à la gauche durant la nuit, ou très tôt le matin, « et l’extrême droite occupe, et de loin, la première position aux heures de grande écoute ».
Un numéro de « Complément d’enquête » demain sur CNews
L’enquête dressée par RSF intervient deux mois seulement après que la patronne de France Télévisions a qualifié, dans un entretien au Monde , CNews de « média d’opinion » et de « chaîne d’extrême droite ». Une déclaration qui avait vivement fait réagir la chaîne, dont l’une de ses figures de proue, Pascal Praud.
Il y a quelques jours, France Télévisions et Radio France ont ainsi assigné en justice CNews, Europe 1 et Le JDD devant le tribunal de commerce de Paris, comme révélé par Le Figaro . Chacun réclame 1 million d’euros et 500 000 euros de dédommagement pour « dénigrement ». Les groupes publics ont dénoncé une « entreprise orchestrée de déstabilisation » économique et institutionnelle à leur encontre, pointant des « propos dénigrants systématiques et répétitifs ».
L’objectif, selon Radio France et France Télévisions : « saper la confiance » du public et « porter atteinte à leur réputation ». La ministre de la Culture Rachida Dati a répondu dans nos colonnes à cette situation, expliquant qu’elle n’avait pas été informée de cette action en justice.
Ce jeudi 27 novembre, France 2  va également diffuser un numéro inédit de Complément d’enquête sur CNews, en préparation depuis plusieurs mois. Le rendez-vous promet de diffuser documents internes, témoignages et analyses sur les « obsessions » éditoriales de la chaîne, ainsi que sur les consignes données aux journalistes en pleine campagne présidentielle. Conviées par le journaliste Tristan Waleckx à venir débattre sur France 2, les figures centrales de CNews auraient toutes décliné la proposition.