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Champagné. Jean-Jacques Champeau : « Je ne peins que des personnages du théâtre kabuki »... |
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Jean-Jacques Champeau et ses Onagatas. © ML
L’invité d’honneur de l’exposition actuelle du service culturel municipal, Jean-Jacques Champeau présente quatre représentations d’Onagatas, d’une précision saisissante. Rencontre.
Le Maine Libre : Quelques mots pour vous présenter ?
Jean-Jacques Champeau : « Je suis militaire à la retraite et j’habite Ballon-Saint-Mars. J’ai suivi des cours du soir à l’école des beaux-arts de Versailles. J’ai différentes activités, mais la peinture a une place importante. Je peins d’ailleurs tous les jours, exclusivement des grands formats et des Onagatas. Des hommes qui interprètent des rôles féminins dans le théâtre kabuki, un art ancestral japonais qui me fascine. »
Pourquoi peignez-vous uniquement ces personnages atypiques ?
« C’est une question qui m’est souvent posée. Tout d’abord, parce que ça me plaît. C’est ensuite mon univers et mon histoire. Celle d’une rencontre qui remonte au début des années 80, entre deux peintres, l’un débutant moi, l’autre expert, Ryota Oishi. C’est aussi l’histoire d’une amitié naissante entre un Français et un Japonais qui perdure depuis plus de 40 ans. Ce sont aussi des échanges artistiques, des expositions en commun en France, comme au Japon. C’est aussi l’histoire d’une découverte, celle d’un pays et de sa culture. Le Japon est une nation qui sait prendre en main son avenir, sans renier son passé. »
Comment travaillez-vous ?
« Un voyage au pays du soleil, levant, ne laisse jamais indifférent. C’est ce qui m’est arrivé. Je pars souvent d’une photo que je laisse ensuite de côté, j’ai alors en tête exactement ce que je veux peindre. Sans me lasser, je gratte la toile depuis plus de 30 ans, je ne peins qu’à l’acrylique. Je recherche en permanence à reproduire l’expression d’un visage, la gestuelle d’un corps, la matière d’un kimono, celle d’une parure ou d’un objet. Chaque toile est une remise en question, c’est un challenge exigeant et passionnant. C’est aussi un an de travail car si ça ne me plaît pas, je recommence indéfiniment. »
Prochaines expositions de Jean-Jacques Champeau : en janvier, au Japon ; février : à Amiens (80) puis à Pomponne (77).