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Certains moustiques résistent désormais aux insecticides et pesticides, selon une nouvelle étude... |
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Un moustique tigre asiatique (Aedes albopictus) sur le mur d’une maison à Montreuil, une banlieue à l’est de Paris, le 18 août 2025. © MARTIN LELIÈVRE / AFP
Certains moustiques sont en train de développer une résistance aux insecticides et pesticides, d’après une étude récente relayée jeudi 26 mars par « Le Parisien ». Ce phénomène est susceptible de compliquer la lutte contre plusieurs maladies.
Une étude publiée dans la revue Nature, et relayée par Le Parisien jeudi 26 mars 2026, révèle l’émergence de moustiques résistants aux insecticides et pesticides, un phénomène qui pourrait compliquer la lutte contre certaines maladies vectorielles.
Menée par des scientifiques de l’Institut Pasteur de la Guyane, la recherche s’est concentrée sur Anopheles darlingi, principal vecteur du paludisme en Amérique du Sud. Les chercheurs ont analysé 1 094 génomes prélevés sur 16 sites dans plusieurs pays. Ils ont identifié des variations génétiques associées à une résistance accrue aux insecticides, notamment dans des zones agricoles.
« Les pesticides, ce n’est pas automatique »
Selon les scientifiques, certains moustiques disposent de mécanismes biologiques leur permettant de « se détoxifier » et de résister aux produits chimiques. L’usage de pesticides agricoles pourrait favoriser cette sélection naturelle, en exposant les insectes à des substances similaires à celles utilisées pour les combattre.
Les auteurs de l’étude alertent ainsi sur un usage excessif des insecticides, qui pourrait accélérer ces résistances, à l’image des antibiotiques. « Les pesticides et insecticides, ce n’est pas automatique », lance Mathilde Gendrin, responsable du laboratoire microbiote des insectes vecteurs à l’Institut Pasteur de la Guyane et coautrice du rapport.
Des alternatives aux produits chimiques
Ce phénomène pourrait aussi concerner le moustique-tigre, déjà implanté en France et capable de transmettre la dengue ou le chikungunya. Pour limiter les risques, les chercheurs réfléchissent à des solutions alternatives, comme la propagation de mâles stériles ou la vaccination contre les maladies transmises par les moustiques.
Le laboratoire Valneva a par exemple développé un vaccin contre le chikungunya mais une vingtaine de cas d’effets indésirables graves ont été recensés depuis le début de l’utilisation de ce produit, a révélé l’agence du médicament lundi 23 mars 2026. Il est l’un des seuls disponibles contre le chikungunya, une maladie provoquant des fièvres et douleurs articulaires.