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Ce que les Finistériens ont pensé de la série « 37 secondes », sur le naufrage du « Bugaled Breizh »... |
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Le 15 janvier 2004, le navire de pêche « Bugaled Breizh » avait coulé en moins d’une minute au sud du cap Lizard, au large des Cornouailles anglaises. Ici son épave. © Archives Ouest-France
La série 37 secondes, fiction d’Arte inspirée du drame du Bugaled Breizh, n’a laissé personne indifférent dans le Finistère. Voici ce que vous en avez pensé.
La série 37 secondes , fiction inspirée du drame du Bugaled Breizh , n’a laissé personne indifférent. Pour rappel, le 15 janvier 2004, le navire de pêche coule en moins d’une minute au sud du cap Lizard, au large des Cornouailles anglaises. Cinq marins finistériens meurent dans le drame. Rapidement, les circonstances de l’accident interrogent dans le milieu des pêcheurs bigoudens. Une hypothèse ressort : le Bugaled Breizh a-t-il pu être emporté par un sous-marin alors que des exercices militaires de l’Otan étaient en cours sur la zone ? Aujourd’hui encore, le flou persiste et le souvenir demeure dans le Pays bigouden.
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Si certains spectateurs ont été emballés, d’autres sont plus sceptiques, voire déçus. Une chose est sûre : vous êtes très nombreux à avoir partagé votre avis sur cette série de six épisodes diffusée sur Arte et disponible gratuitement sur la plateforme Arte.tv. Voici vos ressentis.
« C’est prenant »
Pour une grande majorité des internautes, la série est une réussite : « Super » ; « excellente » ; « superbe », etc. « C’est prenant, l’atmosphère est bien reconstituée, les acteurs sont convaincants », assure Yann. Brigitte, elle, est « emballée ! Je ne connaissais pas cette affaire et je ne connais pas le monde de la mer. C’est très intéressant ». Bernard aussi est dithyrambique : « Par curiosité, j’ai regardé le premier épisode, et puis j’ai tout regardé en deux jours. Excellent et prenant. » Hélène met en avant des « acteurs très justes ».
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Michel estime que c’est « une bonne fiction, à partir de faits réels trop vite tombés dans l’oubli ». Janick va dans le même sens : « C’est bien de partager cette tragédie avec le plus grand nombre. À la profonde tristesse, se mêle la colère face à ce crime impuni. Plus de 20 ans plus tard, nous ne savons toujours pas, officiellement, ce qu’il s’est passé. Dans combien d’années serons-nous autorisés à connaître la vérité ? »
Une quête de vérité qui résonne chez Patrick, qui espère que la série va permettre « une réouverture de l’enquête ». Pour Tony, « étant du Pays bigouden et ayant des marins dans ma famille, j’ai trouvé la série émouvante. Elle s’inspire des grandes lignes de l’enquête. Un fil conducteur assez fidèle à la réalité. Pour le reste, on est dans la fiction ! »
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« La série sonne faux »
C’est justement ce côté fictionnel qui a déplu à certains : « La partie à la Plus belle la vie prend beaucoup trop le dessus et empiète sur la réalité », regrette, par exemple, Antoine. Un avis partagé par Christian : « Les “à-côtés” pour broder n’étaient pas vraiment nécessaires. »
Franck déplore « un gros cliché sur les Bretons ». Jean-Yves n’y va pas non plus avec le dos de la cuillère : « Très déçu. La série sonne faux et l’ébauche d’une idylle entre l’avocat des familles et cette Marie – à qui le scénario donne un rôle trop important – est déplacée. Le drame du Bugaled sert de prétexte à une bluette racoleuse et mièvre. Très bof décidément. »
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Plutôt qu’une série fictionnelle, Lucienne « aurait préféré une émission comme Complément d’enquête sur le naufrage plutôt qu’une fiction évitant les faits réels. »
Yann est « mitigé. Nina Meurisse excelle dans son rôle. Mais j’ai été dérangé par l’idylle de son personnage avec l’avocat. Autre point : la position de l’armateur qui s’intéresse plus à l’argent de l’assurance qu’à son équipage. »
« C’est une fiction mais il y a des limites »
C’est ce choix scénaristique qui fait le plus débat : rendre particulièrement antipathique l’armateur du navire de pêche. Yannick, qui explique avoir été marin sur le Bugaled, s’insurge : « Je trouve minable de faire passer l’armateur pour une personne qui n’a pas de cœur. C’est dégueulasse, je sais que c’est une fiction mais il y a des limites. »
De nombreux internautes prennent la défense de Michel Douce, armateur du Bugaled Breizh . Comme Isabelle : « Je trouve dommage que le patron soit sali par cette soi-disant soif d’argent… » Jean-Louis, habitant du Pays bigouden, le dit clairement : « Le plus grand reproche que je ferais est l’image donnée à Michel Douce. »