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Ce joaillier du Mans fait don de l’autel qu’il a trouvé dans la chapelle qu’il a rachetée en 2024... |
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Des employés de l’entreprise Adekma se chargent de transporter l’autel de la chapelle de la Miséricorde pour l’emmener à l’église d’Asnières-sur-Vègre. © Ouest-France
Cette pièce désacralisée de la chapelle des sœurs de la Miséricorde, au Mans (Sarthe) va trouver une nouvelle vie à Asnières-sur-Vègre. Un don fait par Nicolas Drouet, joaillier du Mans, qui a racheté l’édifice religieux en avril 2024.
En avril 2024, Nicolas Drouet, joaillier du Mans (Sarthe), fait l’acquisition de la chapelle de la Miséricorde, alors en vente.  Depuis toujours, mes créations sont empreintes de mysticisme et j’ai saisi l’occasion de cette vente pour prolonger la vie du lieu.Â
L’histoire de l’édifice est ancienne. En 1836, les sœurs de la Miséricorde s’installent rue de la Paille, qui aujourd’hui se trouve en plein centre-ville, au milieu de la Percée centrale. Elles y resteront jusqu’en 2021, année où les quelques religieuses restantes doivent, à contrecœur, quitter les lieux pour rejoindre leur congrégation à Sées, dans l’Orne. Elles laissent derrière elles un autel, installé dans les années 1970, sobre, fait de pierres locales provenant de Bernay-Neuvy-en-Champagne.

Nicolas Drouet (assis à gauche) et Élise Foucault s’attellent à desceller le socle de l’autel. Ouest-France
Dix-huit mois après la vente de la chapelle, alors que Nicolas Drouet est en train d’œuvrer à sa réhabilitation, il voit arriver Françoise Maillard, déléguée départementale de la Fondation du patrimoine.  Je lui ai dit que je ne savais pas quoi faire de cet autel qui n’a plus lieu d’être au sein de la chapelle, qui doit devenir à la fois mon atelier et mon showroom »,
explique le joaillier.
Une seconde vie à l’autel
La déléguée départementale fait alors le lien avec une demande émanant d’Annick Bartelaix, élue à Asnières-sur-Vègre, qui s’occupe de l’église Saint-Hilaire.  Il nous manque en effet un autel, dans le cadre des travaux de restauration de notre église classée, dont l’origine remonte aux Xe et XIe sièclesÂ
, témoigne l’élue.
Le 2 décembre 2025, l’autel contemporain de presque une tonne a été descellé, avant d’être remisé dans un hangar proche de la chapelle. Après aval de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), il pourra être rapatrié et installé en l’église Saint-Hilaire. De quoi réjouir l’actuel propriétaire des lieux,  heureux de donner une seconde vie à l’autel »,
mais aussi sœur Grégoria, l’une des dernières occupantes de la Miséricorde,  ravie que l’autel retrouve sa fonction originelle ».