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Cameroun. Un prêtre manceau face à la menace de Boko Haram... |
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Originaire de Solesmes, le père Cador sert depuis 22 ans à l'extrême nord du Cameroun. Photo archives « Le Maine Libre »
Le père Grégoire Cador est responsable d'une paroisse à l'extrême nord du pays, à quelques kilomètres du Nigéria. Témoin des massacres perpétrés par le groupe islamiste, il a dû être éloigné par sécurité.
Sarthois d'origine et prêtre du diocèse du Mans, le père Grégoire Cador, est en mission au Cameroun depuis 22 ans. Plus précisément, il est prêtre de la paroisse Saint-Joseph de Tokombéré, à l'extrême nord du pays.

« La situation est très tendue »
Une région qui connaît des tensions depuis plusieurs mois, notamment à travers les exactions du groupe terroriste Boko Haram.
« Nous sommes à une cinquantaine de kilomètres de la frontière avec le Nigéria », explique le père Grégoire Cador, joint par téléphone. « La menace pèse sur la région. Les massacres perpétrés par Boko Haram sont quotidiens. Ça dure depuis des mois et des mois ».
Par sécurité, peu avant Noël, le père Grégoire Cador a dû quitter Tokombéré, avec deux autres prêtres de la paroisse (un Français et un Camerounais) et des religieuses congolaises et camerounaises.
« Les autorités camerounaises sont venues nous chercher le 20 décembre. Elles nous ont emmenés un peu plus à l'intérieur des terres, à Maroua, à cinquante kilomètres au sud. Il y avait trop de danger d'attaques et surtout de prises d'otages. Boko Haram cherche du « ravitaillement » chez nous et on nous a gentiment fait comprendre que nous faisons partie de ce « ravitaillement »».
Sous escorte militaire
Depuis, ses déplacements se font toujours « sous escorte militaire, avec une surveillance. C'est très tendu. Mais endurer cela n'est rien, quand on a été témoin de massacres, qu'on a vu des personnes que l'on connaît être égorgées ».
« Il ne faut pas que les gens oublient que ce qui s'est passé cette semaine à Paris, se passe aussi ailleurs dans le monde tous les jours. Et surtout, évitez la confusion. Le monde musulman, ce ne sont pas ces massacres », martèle le prêtre.
Avant de conclure, « ne nous oubliez pas ».
Mathilde BELAUD
Plus d'informations dans nos éditions du « Maine Libre » datées de ce lundi 19 janvier.
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