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Cambriolage en Sarthe. Soupçonné d’avoir volé pour un million d’euros de sacs Hermès... |
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Les gendarmes avaient gardé l’œil sur l’usine isolée de Noras à Maigné, après un premier cambriolage, survenu un mois plus tôt. © Archives Ouest-France
Âgé de tout juste 30 ans, un homme est mis en examen pour le vol très professionnel de 125 pièces, dans les entrepôts du sous-traitant Noras, à Maigné (Sarthe). À Angers, il n’a pas obtenu de la chambre de l’instruction la libération qu’il demandait.
Il se présente penaud sur l’écran de visioconférence de la chambre de l’instruction d’Angers. Barbe de hipster et explication moins capillotractée que devant le juge, Rouky Lambergier ne prétend plus, ce mercredi 29 avril, qu’il s’est fait embarquer par des personnes qu’il ne connaissait pas, qui l’auraient fait fumer du shit lors d’une soirée. « J’ai commis une erreur inadmissible, convient-il. Je reconnais les faits. »
« Professionnels »
Profil bas, mais aveux difficiles à entendre pour le représentant du ministère public qui l’imagine dans une équipe de « professionnels ». Le détenu, 30 ans cette année, est mis en examen pour cambriolage en bande organisée. Dans la nuit du 18 au 19 juin 2019, il a été surpris en pleine visite d’un entrepôt de la société Noras, à Maigné, dans l’ouest de la Sarthe. Une razzia sur 125 sacs Hermès. Butin estimé à près d’un million d’euros par le président de la chambre de l’instruction, Richard Sansen.
Usine sous surveillance
Après un premier vol avec effraction dans la nuit du 15 au 16 mai 2019, les gendarmes gardaient un œil sur la société de maroquinerie de luxe, isolée à la campagne. Un mois plus tard, leur surveillance a payé. Dans la nuit, un véhicule arrive. Quatre hommes en descendent, deux par deux. Ils coupent le grillage. Entrent dans l’usine. Forcent la porte sécurisée. En particulier Rouky Lambergier. Un second véhicule arrive. La marchandise est chargée. Quand les gendarmes interviennent, trois hommes montent dans une première voiture. Le détenu agrippe la portière du second, qui roule lentement. Un gendarme parvient à le désarçonner en lui portant un coup au passage.
Rodé et équipé
Suspecté du premier vol, le groupe semble très rodé et équipé : cagoule, gants, vaporisateur pour effacer les empreintes et talkies-walkies pour déjouer les écoutes et géolocalisations. « Ce ne sont pas des vols à l’étalage mais d’objets choisis parce que de grande valeur, insiste l’avocat général Yves Delperié. Des choses habituelles pour eux. »
Déjà condamné pour vols de parfums
D’autant qu’à l’époque de son interpellation, Rouky Lambergier attendait un délibéré… après avoir été jugé dix jours avant, les 6 et 7 juin 2019, par le tribunal correctionnel de Chartres pour recel de parfums. Il a pris deux ans. « Je comprends qu’il puisse penser ça », répond-il à l’avocat général. Il ne pourra pas se rendre au chevet de son père, atteint par le Covid-19. La chambre de l’instruction le maintient en détention.