|
Caen. Nouvelle peine de prison pour le « tueur de chats »... |
1
Combien le tortionnaire de chats sévissant dans la région de Caen a-t-il fait de victimes ? Des dizaines au moins… © Illustration/Archives Ouest-France
Désormais baptisé le « serial cat killer », le tortionnaire de chats de la région de Caen comparaissait ce mercredi une seconde fois en moins d’un mois à la suite de dix-sept nouvelles plaintes. Il est condamné à deux ans de prison, dont un ferme. Et il n’en a pas fini avec la justice…
Des dizaines de chats mutilés, soumis à de multiples actes de cruauté dans la région de Caen, jusqu’à Ouistreham. L’affaire ne cesse de faire grand bruit et va de rebondissements en rebondissements.
Fin juin, cet ingénieur de 50 ans, marié et père de quatre enfants, avait été laissé libre après avoir été condamné à neuf mois de prison ferme. Il y a peu, il avait fait appel de cette décision. Mais dix-sept nouvelles plaintes l’ont fait repasser ce mercredi 18 juillet 2018 par la case tribunal.
Le meurtre de la SPA
Arrivé sous escorte de gendarmes, il sortait de 48 h de garde de vue, au cours desquelles il a fini par avouer le meurtre d’un chien, le 1er avril dernier, à la SPA de Verson. Cet aveu lui vaudra un troisième procès. Le second a duré 3 h avant que le jury ne se retire pour délibérer. Cette fois, les faits sont encore plus accablants que fin juin.
Pas d’explication
L’homme ne se contentait pas de chasser les chats la nuit avant de leur faire subir d’importants sévices sadiques. Ses pulsions le prenaient aussi avant son travail. Pour la procureure Carole Etienne, qui a requis deux ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis et mise à l’épreuve (1), la préméditation ne fait aucun doute : « Vous préparez méthodiquement vos enlèvements de chats et vos tortures » .
L’homme a présenté ses excuses. Mais n’est jamais parvenu à expliquer de tels actes. Car encore une fois, les faits sont édifiants. Huit chats morts ont été retrouvés dans un hangar à quelques mètres de chez lui.
Combien d’autres victimes compte-t-il à son actif ? La publicité de cette sordide affaire a poussé treize particuliers, en sus de quatre associations, à se constituer parties civiles. Mais l’avocat du conseil national de l’ordre des vétérinaires a indiqué que de nombreux vétérinaires craignaient encore de « voir débarquer de nouveaux chats mutilés ». « Les blessures ont horrifié les professionnels. Certains n’avaient même plus envie de revenir travailler. »
L’avocate du prévenu a plaidé « les effets secondaires de son médicament contre la maladie de Parkinson » , attestation d’un neurologue n’excluant pas la relation de cause à effet à l’appui. Mais cette explication n’a pas satisfait le tribunal. Car les nouveaux faits reprochés remontent à la période avril 2017 à juin 2018. Or, la prise de ce médicament date de l’automne dernier.
Certains chats ont dû être euthanasiés ou sont décédés des suites de leurs blessures. C’est pourquoi l’un des avocats a fini par surnommer le prévenu le « serial cat killer » . En français : le « tueur en série de chats ».
Le prévenu n’a jamais été mesure d’expliquer ses pulsions : « J’ignore d’où ça vient » . En revanche, il a donné les raisons de son appel après le premier jugement : « Pour mon épouse, qui considère le chien comme le 5e enfant de la famille, je ne pouvais pas ne pas faire appel »
Le rapport psychologique a mis en exergue une « personnalité froide et calculatrice, des traits de personnalité perverse » . Et le prévenu a fini par glisser : « Heureusement que j’ai été arrêté, sinon j’aurais sûrement continué. Je le faisais comme une machine. Sans aucun sentiment ».
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet.
(1) avec obligation de soins, indemnisation de toutes les victimes, amende de 30 000 € et interdiction de posséder des animaux domestiques.