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Basket-ball : Nicolas Batum: « Ça y est, j'y suis ! »... |
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En serrant la main de David Stern, le grand commissionnaire de la NBA, Nicolas Batum a réellement pris conscience qu'il réalisait enfin son rêve de gosse. Franchir les portes de la prestigieuse NBA. une grandfe fierté pour l'ex-Manceau qui a décidément bien grandi.
NBA. L'ancien ailier du MSB, Nicolas Batum, a été choisi en 25e position de la draft NBA. La grande vie débutera à Portland.
Nicolas, comment avez-vous vécu cette soirée très spéciale et déroutante ?
Là, tout de suite, c'est un sentiment un peu mitigé. Ça ira mieux demain, dans quelques jours, quand j'aurais digéré le truc. Dans mon esprit, je voulais aller à San Antonio. Quand je n'ai pas été pris à Cleveland (n°19) et Seattle (n°24), deux franchises qui étaient intéressées par moi, je me suis dit, c'est bon pour San Antonio ! Et puis Houston m'a choisi en 25. Je n'avais rien à voir avec eux, je ne leur ai quasiment jamais parlé. A un pick près. J'ai attendu le 26 toute la soirée et je suis pris au 25...
On sent un réel regret dans vos propos, non ?
C'est la déception du soir. Il faut que la décision redescende. Dans un ou deux jours, ça ira mieux. C'est comme quand j'ai perdu la demi-finale avec Le Mans en play-offs. Après, je ne voulais pas partir ! Entre le discours de Popovich (le coach des Spurs) et ce que les dirigeants me proposaient, j'étais vraiment chaud pour aller là-bas.
En plus, vous n'êtes resté que dix minutes à Houston, avant d'être transféré à Portland ! Comment avez-vous réagi ?
C'est un peu frustrant, c'est la première fois que ça m'arrive. J'ai toujours été dans le même club pendant des années et là, j'ai fait dix minutes de club (il sourit) ! En fait, ce qui m'énerve, c'est que j'avais un deal à San Antonio et Houston le savait, tout le monde le savait. Et Houston me prend pour m'envoyer à Portland, c'est ça qui me gonfle un peu. Encore, tu me prends, tu me gardes d'accord, mais m'envoyer à Portland, ça sert à rien. Enfin, c'est le business, c'est le milieu, il n'y a pas de sentiment.
Comment avez-vous appris votre transfert à Portland ?
Le staff de Houston a appelé mon agent (Bouna Ndiaye) et a dit : « Batum ce n'est plus notre joueur, c'est celui de Portland » et il a raccroché.
Que pensez-vous de Portland ?
Franchement, je n'ai pas encore intégré, je vais commencer à relativiser les choses. Je savais que Portland était intéressé par moi, le staff était souvent venu me voir au Mans. D'ailleurs, à Alain (Koffi) et Yannick (Bokolo), je leur ai dit très tôt que j'allais aller à Portland l'an prochain. C'est une belle ville, c'est un club assez sain. C'est une équipe assez jeune, en reconstruction, avec un bel avenir. Le problème, c'est que c'est la ville la plus éloignée aux Etats-Unis (il rit).
Comment s'était passé le «workout» (séance d'entraînement) à Portland ?
Très bien, j'avais fait l'un de mes meilleurs « workout » là-bas, contre Joe Alexander (drafté n°9) et Donte Green (n°28). Le coach m'avait dit qu'il était content de moi et même Paul Allen (le propriétaire de la franchise) était venu me voir. C'est ce qui a tourné en ma faveur. En fait quand j'y pense, je suis content d'aller à Portland, mais c'est le coup que m'a fait Houston qui m'énerve.
En tout cas, vous voilà en NBA, c'est tout de même cela la grande nouvelle ?
C'est vrai et c'est un grand bonheur. Quand j'ai serré la main de Stern, qu'il m'a dit bonjour en français et que j'ai redescendu la scène, je me suis dit : «ça y est, j'y suis !» Je suis drafté au premier tour, j'ai sauvé l'essentiel après tout ce qui s'est passé et ce n'était pas gagné il y a encore trois ou quatre jours. Maintenant, c'est fini (il souffle), je ne pense plus à ça. Je suis en NBA.
Vous quittez le MSB, où vous étiez depuis l'âge de 14 ans. Quelle pensée avez-vous pour ce club ?
Je remercie vraiment le club de tout ce qu'il a fait pour moi. Si je suis ici aujourd'hui, c'est en grande partie grâce à eux. J'espère vraiment confirmer pour les remercier et c'était vraiment sympa que le président Jean-Pierre Goisbault soit là, à New York.
Dans cette nouvelle vie, allez-vous emmener votre maman et votre soeur auprès de vous à Portland ?
Bien sûr !
Tom LUCAS.