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Avezé. Il traverse la France pour venir cultiver ses légumes en Sarthe... |
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Dylan D’Andrea a lancé son entreprise de maraîchage et d’arboriculture en février 2020. © Le Maine Libre
Dylan D’Andrea s’est installé en février 2020 à la ferme des Brindelles d’Avezé. Originaire du Sud-Est de la France, il a changé de région pour se reconvertir dans le maraîchage et l’arboriculture 100 % naturels.
La prairie des Brindelles d’Avezé a retrouvé quelqu’un pour s’y installer depuis février 2020. Aux commandes, Dylan D’Andrea, 25 ans, passionné par son nouveau métier. Je ne regrette rien !
, lâche-t-il en souriant. Sur ses terres, il cultive des légumes et des arbres fruitiers qu’il vend en ligne, sur son site internet fermedesbrindelles.com. Les commandes sont à retirer sur place, ou dans un point de retrait à Avezé, La Ferté-Bernard ou Le Theil-sur-Huisne.
De Cannes à Avezé
Cette ferme, pour Dylan D’Andrea, c’est déjà une deuxième vie. Avant, je travaillais dans la sécurité incendie. C’est une bifurcation totale, ça n’a rien à voir !
Un changement de métier mais aussi un changement de région : avec sa femme, ils ont quitté Cannes (Alpes-Maritimes) pour venir s’installer à Avezé, où ils n’ont aucune attache. On a eu un vrai coup de cœur
, confient-ils.
Comment ont-ils fait le choix de la Sarthe ? Je viens du sud mais je n’aime pas la chaleur, donc on a pris une carte de France et tracé des traits : en dessous de Lyon c’était non, à l’est de Paris c’était non aussi. Il ne restait que le Nord-Ouest. On a regardé en fonction du travail de ma femme, pour qu’elle continue en télétravail, et ici c’était proche de Paris et de Rennes donc c’était pratique. On a fait le chemin inverse des gens normaux
, plaisante-t-il.
Diversifier les cultures
À la ferme des Brindelles, Dylan D’Andrea est devenu maraîcher et arboriculteur sur les deux hectares de prairies transformés en parcelles de fruits et légumes. Carottes, radis, courges, salades, poireaux, basilic, persil… Mais aussi maïs arc-en-ciel, pommes de terre bleues ou poivrons violets : Plus c’est bizarre, plus j’aime !
, explique-t-il. Tout est cueilli à la demande, le jour où le client retire sa commande : Je ne cueille rien si je ne suis pas sûr de l’avoir vendu. Et si les légumes grossissent trop, on les mange, nous, on en fait des conserves ou on donne au chien, aux poules… ».
Le professionnel a décidé de varier les cultures pour ne pas dépendre d’une seule production. Les tomates cette année, on a récolté quatre fruits sur les 500 pieds plantés, à cause du mildiou. D’où l’intérêt de diversifier.
+ Le Mans. Dans leur jardin, ils luttent contre le mildiou
+ La Ferté-Bernard. L’éleveur ouvre ses portes pour faire connaître son métier

Une trentaine de poules pondeuses sont aussi présentes à la ferme. Le Maine Libre
« Mon principal outil : mes mains ! »
Son métier, le producteur l’a appris en formation à distance, en stages en entreprise, mais continue surtout à le découvrir sur le terrain. Il a décidé de cultiver tous ses fruits et légumes sans aide mécanique et sans traitement. Mon principal outil ce sont mes mains ! Je ne voulais pas dépendre du pétrole ou de l’électricité pour mon activité. C’est bizarre, mais c’est une pratique que j’ai voulue
, détaille-t-il avec passion.
Avant qu’on vienne ici il y a un an et demi, je m’étais servi une seule fois d’une perceuse pour faire un trou dans un mur.
Depuis, il a construit le poulailler des 30 poules de réforme sauvées de l’abattoir qui viennent compléter la ferme, il fabrique des meubles l’hiver, vient de brancher ses panneaux solaires, est en train de monter sa serre semi-enterrée, et cultive et désherbe sans relâche.

Cet été, il a ouvert ses portes lors d’un « après-midi à la ferme » organisé par l’office de tourisme de La Ferté-Bernard. Le Maine Libre
Un projet sur le long terme
L’installation à Avezé est un projet de vie. Dylan D’Andrea aspire à travailler seul pour ses fruits et légumes, mais les projets ne manquent pas. «
On attend de pérenniser la culture déjà, et d’avoir les moyens de le faire correctement, mais on pourrait prendre d’autres animaux, des ruches, faire une ferme pédagogique aussi, pourquoi pas… ».
Cet été, il a participé à un après-midi à la ferme organisé par l’office de tourisme de La Ferté-Bernard, et pourrait renouveler l’expérience pour partager son mode de vie et de travail. Plein de choses sont prévues pour la suite
, assure-t-il tout sourire.