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Au Mexique, les funérailles sous haute sécurité du narcotrafiquant El Mencho... |
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Une vue aérienne de l’enterrement du narcotrafiquant mexicain Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », le 2 mars 2026 dans l’État de Jalisco. © Ulises RUIZ / AFP
L’enterrement du narcotrafiquant mexicain Nemesio Oseguera, appelé « El Mencho », a été encadré par un lourd dispositif de sécurité ce lundi. Une dizaine de véhicules de l’armée et de la Garde nationale ont notamment accompagné le corbillard transportant le cercueil de l’ancien chef du puissant cartel Jalisco Nueva Generación.
Profusion de gerbes de fleurs, musique typique et lourd dispositif sécuritaire ont marqué les derniers adieux au narcotrafiquant mexicain Nemesio Oseguera alias « El Mencho », tué par l’armée mexicaine et enterré lundi dans un petit cimetière de l’ouest du pays.
La dépouille de l’ex-chef du puissant cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG) reposait dans un cercueil doré, a constaté l’Agence France-Presse (AFP).
Des militaires dans le dispositif de sécurité
Au contraire des luxueux tombeaux où sont enterrés de nombreux narcotrafiquants notoires, la dernière demeure d’El Mencho est une simple pierre tombale à même le sol d’un cimetière voisin d’une installation militaire, à environ cinq kilomètres du stade de Guadalajara qui accueillera des matches de la Coupe du monde de football en juin.
Le corps d’Oseguera avait été remis samedi à sa famille qui a décidé de le transférer de Mexico à Guadalajara pour l’inhumation dans la banlieue de Zapopan.
El Mencho, narcotrafiquant le plus recherché dont la tête était mise à prix 15 millions de dollars par les États-Unis, est mort lors d’une opération menée le 22 février à Tapalpa, dans l’État de Jalisco, par l’armée mexicaine avec l’aide de renseignements américains.
Depuis dimanche, la maison funéraire qui a pris en charge le corps était gardée par un important dispositif de sécurité avec des militaires, des membres de la Garde nationale et des policiers.
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Long défilé de gerbes de fleurs
Un militaire ayant requis l’anonymat, car il n’est pas autorisé à s’exprimer, a expliqué à l’AFP que le corps avait été gardé en permanence « pour ne pas que des groupes rivaux » ne le profanent.
Ce dispositif sécuritaire a dissuadé les curieux, mais n’a pas empêché un long défilé de gerbes de fleurs, certaines en forme de croix, d’ailes d’ange composées de roses rouges, et même une en forme de coq, en hommage à la passion qu’avait El Mencho pour les combats de gallinacés.
Mais, contrairement aux coutumes, les noms des expéditeurs des bouquets n’étaient pas apparents.
L’itinéraire du convoi funéraire vers le cimetière, situé de l’autre côté de la ville, n’a été connu qu’au dernier moment pour des raisons de sécurité. « Ils n’ont rien dit, on va suivre le corbillard », a commenté un livreur de fleurs qui a demandé à ne pas être identifié.
Huit proches d’« El Mencho » présents
Huit proches d’Oseguera, vêtus de noir et portant des lunettes de soleil, ont pris place dans les deux voitures qui se sont dirigées vers le cimetière en suivant un corbillard blanc transportant le cercueil doré.
Une dizaine de véhicules de l’armée et de la Garde nationale ont pris la tête du cortège, accompagnés de deux motos de la police pour ouvrir la voie.
Avant la mise en terre, une cérémonie religieuse d’environ une heure a été donnée dans une chapelle attenante au cimetière, où un groupe de musique nordena interprétait des « narcocorridos », ces chansons à la gloire des barons de la drogue.
« Une fois mort, je n’emporterai qu’une poignée de terre », disait une des chansons.