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Au Mans, un spectacle alliant danse contemporaine et cultures urbaines pour « éveiller les consciences à travers l’art »... |
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Jules Pasteau et Lhacen Hamed Ben Bella proposent un dialogue entre danse contemporaine et cultures urbaines dans cette création inspirée du Horla. © Ouest-France
Dans son spectacle chorégraphique, Le Horla, Lhacen Ahmed Ben Bella s’inspire librement de la nouvelle de Guy de Maupassant. Le chorégraphe manceau (Sarthe) questionne la perte de libre arbitre et la résistance du corps face à l’invisible. Sa création va donner lieu à des interventions en milieu scolaire.
En 1887, Guy de Maupassant publiait Le Horla, le journal d’un homme sombrant dans la folie, persuadé qu’un être invisible et supérieur prenait le contrôle de sa volonté. À l’époque, l’auteur interrogeait les limites de la raison face à l’inconnu. Lhacen Hamed Ben Bella s’est inspiré de ce récit pour créer une pièce faisant écho à notre époque marquée par l’algorithme, l’IA, la manipulation silencieuse, l’injonction sociale ou politique et les maladies mentales. Aujourd’hui, nous observons que le Horla n’a pas disparu, il a simplement muté. Il ne se cache plus derrière les rideaux de soie, mais dans les flux immatériels qui saturent notre quotidien
, confie le chorégraphe manceau.
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Dans ce spectacle vibrant alliant danse contemporaine et cultures urbaines, Jules Pasteau interprète le rôle principal. J’ai découvert ce danseur en tant que jury d’un concours auquel il participait. Son solo sur du Jacques Brel m’avait bouleversé. J’ai pu ensuite observer son travail chorégraphique avec de jeunes élèves. J’ai été surpris par la maturité et la singularité de son écriture
, avance Lhacen. Jules Pasteau oscille entre puissance et sensibilité pour donner corps au Horla. Sa gestuelle désarticulée traduit la manipulation, son énergie animale évoque la résistance et sa présence instinctive sculpte l’invisible à même la peau. La scénographie épurée, soutenue par un travail de lumière immersif et une création sonore originale, transforme le plateau en espace mental, traversé de tensions et de silences.
« Éveiller les consciences à travers l’art »
Cette pièce a pour objet d’être diffusé dans des lieux culturels, des établissements scolaires et des structures socioculturelles, dans le cadre de projets mêlant représentation et médiation artistique. Nous envisageons des interventions auprès de collégiens pour travailler avec leurs enseignants sur l’œuvre originelle. Ces jeunes pourront également créer leur Horla. Le but est d’éveiller les consciences à travers l’art
, conclu le pédagogue et Saïda Safir, responsable du pôle action culturel de Quai de scène. La structure a accueilli l’équipe en résidence les 5 et 6 février 2026.
Contact : 07 89 08 43 02.