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Artemis 2 : ce qu’il faut savoir de la mission de la Nasa qui décollera la semaine prochaine vers la Lune... |
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La fusée SLS de la Nasa, sur le site de lancement de Cap Canaveral, en Floride (États-Unis), le 20 mars 2026. © PAUL HENNESY / Anadolu via AFP
La mission lunaire de la Nasa doit partir de Cap Canaveral, en Floride (États-Unis), mercredi 1er avril avec, à son bord, quatre astronautes. Voici qu’il faut savoir avant le décollage.
L’humanité part pour la Lune, une nouvelle fois. Cinquante ans après la fin du programme Apollo et le dernier vol habité vers la Lune, une fusée va décoller vers le satellite naturel de la Terre. La Nasa doit faire partir sa mission Artemis 2 le 1er avril 2026, depuis le centre spatial Kennedy, à Cap Canaveral en Floride, où les astronautes doivent s’installer ce vendredi 27 mars 2026, vers 19 h 30 heure française. Équipage, top départ, objectifs… Voici ce qu’il faut retenir de ce voyage spatial historique.
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Décollage le 1er avril
L’équipage prendra place dans le vaisseau Orion, juché au sommet de la fusée SLS de la Nasa. Haute de 98 mètres, soit d’environ 10 mètres de moins que la fusée Saturn V de l’époque d’Apollo, cette fusée orange et blanche décollera depuis le Centre spatial Kennedy, à Cap Canaveral en Floride.
En raison d’une trajectoire de vol très spécifique, le lancement ne pourra se faire qu’à des moments précis, note l’Agence France-Presse. Le départ est annoncé pour le 1er avril, mais s’il venait à être reporté, des lancements seront possibles chaque jour jusqu’au 6 avril, puis à nouveau à la fin du mois.
Le décollage sera retransmis en direct sur le site de Ouest-France , ainsi que sur le site de la Nasa.
We're flying around the Moon. Come watch with us.
— NASA (@NASA) March 25, 2026
Live coverage of Artemis II prelaunch activities begins Friday, March 27, when the crew arrives at @NASAKennedy. Here's the full Artemis II event schedule — keep checking back for the latest updates: https://t.co/jroi7BTUA5 pic.twitter.com/9DDkjTdt3K
Une mission de 10Â jours
D’une durée d’environ 10 jours, la mission se compose de différentes étapes.
Après le décollage, l’équipage ne mettra pas immédiatement le cap vers la Lune, mais se placera en orbite autour de la Terre.
Là , il mènera diverses vérifications et manœuvres pour s’assurer de la fiabilité et de la sécurité du vaisseau - qui n’a jamais transporté d’humains auparavant - avant de s’aventurer plus loin. Si ces tests sont concluants, le vaisseau Orion donnera alors la grande poussée nécessaire pour quitter l’orbite terrestre et entamer le voyage vers la Lune. Durant ce dernier, qui durera entre trois et quatre jours, ils réaliseront d’autres tests et expériences scientifiques.
Une fois arrivés près de la Lune, ils en feront le tour et survoleront sa face cachée. Lors de ce moment suspendu, ils devraient battre le record d’Apollo 13, en devenant les êtres humains à s’être le plus éloignés de la Terre. Leurs observations pourraient aider la Nasa à choisir le site d’alunissage pour Artémis 4, qui s’aventurera jusqu’au pôle Sud de l’astre, où aucun homme n’a jamais été.
Pour rentrer sur la planète bleue, la trajectoire qu’ils suivront est dite « de retour libre », c’est-à -dire qu’elle est pensée pour que le vaisseau soit attiré par la Lune puis naturellement ramené vers la Terre.
Ce voyage retour durera trois ou quatre jours et sera marqué par la rentrée dans l’atmosphère, l’un des moments les plus dangereux de la mission. Lors d’Artémis 1, le bouclier thermique protégeant le vaisseau a été altéré d’« une façon inattendue » lors de cette étape, d’après un rapport technique. L’agence spatiale a donc revu la trajectoire du vaisseau afin que l’angle d’entrée dans l’atmosphère soit un peu moins violent pour le bouclier.
Une fois cette étape passée, le vaisseau sera freiné par de puissants parachutes et amerrira dans les eaux du Pacifique, au large de la Californie.
Objectif Mars
« Nous allons retourner sur la Lune car il s’agit de la prochaine étape de notre voyage vers Mars », résume le commandant d’Artémis 2, Reid Wiseman, dans un podcast de la Nasa relayé par l’AFP.
Le programme Artémis ambitionne de ramener des Américains sur la Lune pour y établir une présence à long terme et préparer de futures missions vers Mars. Après un test à vide de la fusée et du vaisseau en 2022, la Nasa veut s’assurer, lors d’Artémis 2, qu’ils fonctionnent correctement avant de tenter un alunissage en 2028 lors de la mission Artémis 4.
Contrairement à l’époque d’Apollo, la Nasa collabore cette fois avec d’autres pays, notamment européens, et le secteur privé dont les entreprises SpaceX et Blue Origin des milliardaires Elon Musk et Jeff Bezos, qui ont à charge de développer les alunisseurs.
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Un équipage de quatre astronautes
Quatre astronautes – trois Américains et un Canadien – monteront à bord.
Ancien pilote d’essai de la Navy et ex-chef astronaute de la Nasa, Reid Wiseman, 50 ans, en aura le commandement. Il est parti dans l’espace en 2014 pour une mission de 165 jours dans la Station spatiale internationale (ISS) puis a été chef astronaute.
Il sera accompagné de son compatriote Victor Glover, 49 ans, également passé par la Marine américaine. Il pilotera le vaisseau spatial et sera la première personne noire à voyager jusqu’à la Lune. En 2020, il était déjà devenu le premier Afro-Américain à participer à une mission de long terme dans la Station spatiale internationale.
Ingénieure de formation, l’Américaine Christina Koch, 47 ans, deviendra, elle, la première femme à participer à une mission lunaire. Cette ingénieure de formation est une exploratrice chevronnée qui a travaillé dans des environnements extrêmes comme l’Antarctique. Elle détient le record du plus long vol spatial continu effectué par une femme (328 jours) et a participé à la première sortie dans l’espace 100 % féminine, aux côtés de sa compatriote Jessica Meir.
Le Canadien Jeremy Hansen, ancien pilote de chasse de 50 ans, complétera l’équipage et sera le premier non-Américain à survoler l’astre. Après des années passées en tant qu’agent de liaison entre la Terre et l’ISS, il volera pour la première fois dans l’espace lors de cette mission.