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Après la destruction de Gaza, les tonnes de débris font craindre une autre crise sanitaire et environnementale... |
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Des équipes de la protection civile mènent des opérations pour récupérer les corps de Palestiniens à Gaza, le 22 février 2026. © HAMZA Z. H. QRAIQEA/Anadolu via AFP
80 % des bâtiments de l’enclave palestinienne ont été détruits par l’armée israélienne lors des deux ans de guerre. Se pose désormais la question de la gestion des gravats qui inondent le territoire.
Du nord au sud de l’enclave, des montagnes de débris défigurent le paysage. La bande de Gaza, détruite à 80 % par les bombardements israéliens lors des deux ans de guerre, croule sous des tonnes de béton. 60 millions de tonnes plus précisément, soit l’équivalent de quinze pyramides égyptiennes de Gizeh, selon le rapport annuel du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publié le 16 février.
« Sept ans » pour tout enlever
Si 22 000 tonnes de débris, soit 0,5 %, ont été retirées par des agents de l’Onu de 27 axes routiers essentiels de l’enclave palestinienne depuis l’instauration d’un cessez-le-feu le 10 octobre, la tâche reste immense. « Au rythme actuel, il faudra sept ans pour enlever tous les débris », a estimé la semaine dernière l’ancien Premier ministre belge (2020-2025) Alexandre De Croo, désormais administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
En plus d’être une entrave à l’accès de l’aide humanitaire, essentielle à la survie des 2,2 millions de Gazaouis de l’enclave, et à toute perspective de reconstruction, cette situation fait craindre une aggravation de la crise sanitaire des déplacés qui vivent à proximité des gravats. Ils sont propices à la prolifération d’insectes parasites vecteurs de maladie.
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Des matériaux dangereux
Des équipes de l’Onu œuvrent à l’installation de deux centres de recyclage dans Gaza pour transformer ces débris en matériaux de construction. Si la plupart d’entre eux - béton, brique, pierre et carrelage - sont facilement traitables, les Nations unies appréhendent la présence d’amiante, substance cancérigène, dans les toitures des bâtiments effondrés, et celle de produits chimiques dans les anciennes zones industrielles bombardées.
Les munitions non explosées, enfouies dans les débris, présentent un risque de pollution des sols, en cas de fuite des matières dangereuses qu’elles contiennent, mais aussi d’explosions accidentelles pour les populations. D’autant que les recherches des corps des quelque 8 000 personnes toujours portées disparues se poursuivent, selon la Défense civile de Gaza qui opère sous l’autorité du mouvement islamiste Hamas. Plus de 73 000 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre 2023.