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Amputée d’une jambe après une infection au CHU de Poitiers, une patiente obtient 1,2 million d’euros d’indemnisation... |
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Amputée d’une jambe après avoir contracté une double infection nosocomiale au CHU de Poitiers, une patiente a obtenu gain de cause devant la justice. Photo d’illustration. © Engin_Akyurt / Pixabay
Le CHU de Poitiers a été condamné, mardi 10 mars, par le tribunal administratif, à verser 1,23 million d’euros d’indemnisation à une patiente victime d’une double infection nosocomiale au sein de l’établissement. Il était reproché à l’hôpital de ne pas avoir effectué de suivi médical, ce qui a conduit à l’amputation d’une jambe de la patiente.
Mardi 10 mars 2026, le tribunal administratif de Poitiers (Vienne) a condamné le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Poitiers à une indemnisation pour une infection nosocomiale ayant mené à une amputation, rapporte France 3 Nouvelle-Aquitaine . La victime, âgée de 44 ans, réclamait 3,2 millions d’euros ; elle en a obtenu 1,23 million, précise La Nouvelle République .
Les faits remontent à décembre 2016. La victime était hospitalisée pour une fracture de la cheville et avait contracté une première infection nosocomiale au CHU. Elle s’était fracturé à nouveau la cheville un an plus tard. En décembre 2017, elle avait été victime de la même infection. En avril 2018, la présence d’un staphylocoque doré avait été détectée.
Un expert valide le manquement du CHU
Pendant 18 mois, la quadragénaire n’avait pas été orientée vers un infectiologue malgré la persistance de l’infection. À l’audience, son avocate a évoqué une patiente « laissée dans la nature » et a pointé « une grosse série de manquements ». Ce qu’avait indiqué un expert, qui avait établi un manquement dans le suivi de cette infection, laquelle avait conduit à une amputation de la jambe gauche en novembre 2021. Dans la foulée, la Poitevine avait lancé une procédure d’indemnisation.
Le tribunal a reconnu que l’infection avait été contractée au sein de l’établissement et que le suivi défaillant constituait une faute caractérisée. Il a condamné le CHU à régler 1 018 021 € d’indemnité et 210 000 € d’intérêts de retard. L’hôpital doit aussi verser 124 000 € à la Caisse primaire d’assurance maladie et prendre en charge 50 % du coût des soins futurs de la victime. Le CHU de Poitiers dispose désormais d’un délai de deux mois pour faire appel de cette décision.
Pour en savoir plus : lire les articles de France 3 Nouvelle-Aquitaine et La Nouvelle République .