Accueil Info Info en continu Affaires sarthoises. Meurtres de la rue de l’Éventail au Mans : qui en voulait à Yves et Martine ?

Affaires sarthoises. Meurtres de la rue de l’Éventail au Mans : qui en voulait à Yves et Martine ?

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Affaires sarthoises. Meurtres de la rue de l’Éventail au Mans : qui en voulait à Yves et Martine ?

Yves Belluardo, 68 ans, et Martine Chide, 56 ans, ont été tués dans leur maison, au Mans, dans la nuit du 26 au 27 novembre 2004. Un crime, jamais élucidé, signé comme une « vengeance ». Quinze ans après les faits, l’espoir de retrouver le ou les assassins demeure. Le dossier n’est pas refermé.

C’était il y a quinze ans au Mans. Yves Belluardo, comédien, et sa compagne Martine Chide, professeur de français, étaient assassinés dans leur maison rue de l’Éventail. Au SRPJ (service régional de police judiciaire) d’Angers, on recherche toujours le ou les meurtriers. « On fait régulièrement des actes de différentes natures, des vérifications diverses », confirme le directeur Lucien Arléri. Retour sur quinze ans d’enquête avec des témoignages inédits et des éléments jamais dévoilés.

Un carreau cassé

Nous sommes le samedi 27 novembre 2004. Le SRPJ d’Angers est appelé après la découverte de deux cadavres, rue de l’Éventail, au Mans. Tout le monde est sur le pont : la crim’, les stup’, l’identité judiciaire. Les policiers manceaux sont rapidement écartés de l’enquête, tandis que les Angevins se répartissent le travail.

Tout de suite, on relève qu’un carreau de la fenêtre du rez-de-chaussée de cette petite maison anodine du quartier Prémartine est cassé.

Un bruit dans la nuit

Le ou les assassins ont cassé le carreau pour pénétrer dans l’habitation. Il est entre 23 heures et 3 heures du matin. Ce bruit a réveillé Yves Belluardo, lequel se lève pour voir ce qu’il se passe. Il est en train de s’habiller – il essaye de mettre un short – quand il se fait tirer dessus. À deux reprises. Le comédien est blessé.

Sur le palier à l’étage, il trouve encore la force de se battre avec l’intrus, probablement seul, « qui utilise un couteau genre poignard ». Mais ses chances de s’en sortir sont maigres : Yves Belluardo tombe, agonise et meurt. Il avait 68 ans.

« Tuée d’une sale façon »

Martine Chide s’est cachée derrière la porte de la chambre. Femme mince de 56 ans, la professeure de français se tient debout. Elle est nue. Elle va, à son tour, être poignardée. « D’une sale façon », livre une source proche de l’enquête. « Elle est percée du sein droit au sein gauche et de haut en bas, à tel point que la question s’est posée de savoir s’il y avait une connotation religieuse. »

Les enquêteurs – ils sont alors une dizaine – ont passé trois jours sur place pour effectuer les constatations. « Il y avait gros à faire. » Dans une scène de crime, « polluée par ceux qui se sont présentés en premier sur les lieux », ils relèvent une trace de pas à l’extérieur de la maison et du sang sur le petit chemin qui donne accès au jardin.

Rapidement, la thèse du cambriolage est écartée. « Un cambrioleur qui vient avec une arme à feu de petit calibre et un couteau, j’en connais pas », lâche une source. Et puis, rien n’a été volé, rien n’a été fouillé.

Un travail colossal

Déjà, les enquêteurs ont quelques convictions : ce n’est pas un crime de circonstance, pas un meurtre « par hasard ». La ville est en émoi : on veut savoir qui a tué le couple. Qui ? Et pourquoi ? « Tout le monde voulait une réponse rapide. »

Mais il y a pléthore de pistes, et plus qu’il n’en faut… « Ces gens avaient une vie sociale particulièrement riche. » Les enquêteurs frappent tous azimuts.

Du côté de Martine Chide, il faut voir les collègues, les élèves. Quant au carnet d’adresses d’Yves Belluardo, il est tout bonnement colossal. Sans oublier la famille, de l’un comme de l’autre.

Des armes introuvables

Mais l’enquête s’avère difficile dès le départ. L’arme, ou plutôt les armes demeurent introuvables. La police judiciaire obtient l’appui des CRS pour fouiller les parcs et les jardins de la cité. De même, après négociation, quelques élèves de police sont venus en renfort. Mais on ne trouve rien. Ni le 22 long rifle, ni le couteau.

Pour compliquer encore : le juge d’instruction est aux abonnés absents. « Il n’a rien fait », confie cette source, à tel point qu’il a fini par être sanctionné par le conseil supérieur de la magistrature : mis en retraite d’office, puis radié en octobre 2009. Le juge n’a, certes, « pas fait son travail », convient le procureur de l’époque Christian Elek, « mais les enquêteurs, eux, ont mis le paquet ». « Je n’ai aucune raison de défendre ce collègue : ça n’a rien amélioré… Mais je ne suis pas sûr que cela aurait changé les choses au final. »

Car, toutes les pistes, même les plus farfelues, ont été exploitées. « J’ai reçu quelques lettres anonymes dans cette affaire, dont une livrait une voiture suspecte avec une plaque d’immatriculation. Ce numéro a abouti… à un policier », se souvient le procureur.

Son propre ADN a même été pris dans l’enquête. « Parce que j’avais manipulé la lettre en question », explique-t-il.

« Il avait le projet de partir »

Alors qu’ils décortiquent la vie du couple, les enquêteurs apprennent que Martine Chide entretenait une liaison avec un collègue. « Il a fallu l’entendre, vérifier son emploi du temps. » L’amant a été mis hors de cause… Mais on découvre alors que tout n’est pas rose dans le couple.

Pour Thérèse Caza, la première épouse du comédien, « Yves était inquiet et avait un projet, celui de partir je ne sais où ». En témoigne, selon elle, « la vente en cachette d’un terrain qui lui appartenait du côté d’Argenteuil. Il avait reçu un acompte de 15 000 €. »

L’acheteur potentiel appartenait au grand banditisme. Il a d’ailleurs été suspecté avant, lui aussi, de présenter un alibi.

À la fois rêveur et provocateur

Son père était Sicilien, sa mère Italienne. Les parents d’Yves Belluardo ont immigré en France. D’abord à Nantes, puis à Argenteuil, où le père a monté une épicerie-buvette. « Yves a passé son enfance à chanter sur les tables », rapporte Thérèse Caza. « Je l’ai connu quand j’avais 16 ans, il avait sept ans de plus que moi. » « Je serai un grand comédien et je t’achèterai un cinéma », lui promet-il alors.

« Mais Yves a toujours couru après le sou. C’était un poète, un grand rêveur. Il vivait beaucoup d’espoirs et de projets », raconte celle qui a partagé la vie du comédien pendant seize années. « Je l’ai toujours vu projeter un rêve. Il pouvait alors être déterminé et provocateur. »

Cette enseignante de yoga âgée de 78 ans nous livre sa conviction : « Il était déterminé pour quelque chose… Mais je ne sais pas quoi ! Il a pu être agressif. Il a dû connaître quelque chose dans son entourage. »

Sa vie sur les tournages

Pourtant, « quand il était sur les plateaux, Yves ne laissait rien transparaître » , assure Pierre Chevallier, un ami comédien.

« Il adorait venir sur les tournages, où il était apprécié de tous. Il avait toujours plein d’anecdotes à raconter, souvent très drôles. Il oubliait tout. »

« J’ai complètement halluciné quand j’ai appris leur mort », ajoute Pierre Chevallier, « j’ai mis trois mois à m’en remettre. » « Mais il devait y avoir un truc qu’on ne savait pas… et peut-être qu’on ne saura jamais. »

Yves Belluardo a tourné dans de très nombreux films et téléfilms. Il existe notamment ce court-métrage dans lequel le comédien met en scène sa propre mort. Prémonitoire ? « On l’a envisagé… mais on n’a rien trouvé. Ni dans la téléphonie. Ni sur les comptes bancaires », confie une source proche de l’enquête.

Deux morts sur la conscience

« Tout ce qu’on touchait se transformait en plomb. Et plus le temps passait, plus ça devenait difficile », livre cette source. « Pour autant, on n’a jamais baissé les bras. » « Pour apporter une réponse à Julie (la fille de Martine Chide, N.D.L.R.). Elle a toujours cru en nous. On a fait en sorte de ne pas la décevoir. » Mais aussi « parce qu’il y a une ordure qui se lève tous les matins, qui prend son café… avec deux morts sur la conscience. » Il n’est jamais trop tard pour soulager sa conscience, ni pour éclairer de vérité ce mystérieux double meurtre.

Quinze ans après les faits, l’enquête reste ouverte. « Et elle le restera tant qu’il y aura des choses à voir ou revoir », précise le directeur du SRPJ. L’espoir de retrouver le ou les assassins n’est pas mort.

 
Maine Libre  

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