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À Séries Mania, François Hollande démonte avec humour les clichés sur les présidents dans les séries

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photo  françois hollande animait dimanche 23 mars une conférence à lille dans le cadre du festival séries mania.  ©  sameer al-doumy/afp 1

François Hollande animait dimanche 23 mars une conférence à Lille dans le cadre du festival Séries Mania. © SAMEER AL-DOUMY/AFP

L’ancien président de la République était de passage à Lille (Nord) ce dimanche pour donner une conférence sur les chefs d’État dans les séries. Qu’est-ce qui est vrai ou faux dans ce qu’on voit dans nos fictions ? Qu’aimerait-il voir plus souvent à l’écran ? François Hollande a répondu avec beaucoup d’esprit à ces questions et ne s’est pas gêné pour glisser, entre deux blagues, quelques messages politiques engagés sur l’actualité politique mondiale.

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« C’était trop cool ! », « Je n’ai pas vu le temps passer », « J’ai trop rigolé »… Non, il ne s’agit pas des réactions du public à la sortie de la masterclass de Jonathan Cohen, mais de celles entendues à l’issue de la conférence donnée par François Hollande à Lille (Nord) ce dimanche 23 mars. À l’occasion du festival Séries Mania, l’ancien président de la République est revenu pendant presque une heure sur la place des présidents dans les séries télé.

Une conférence animée avec brio par la journaliste et autrice Sonia Devillers. Détendu, François Hollande a ponctué cette rencontre de son autodérision, comme lorsqu’il annonce d’entrée de jeu que son feuilleton préféré étant jeune était Janique Aimée, dans lequel l’actrice Janine Vila conduisait un solex. « Je vous jure, ce n’est pas de là que je tiens ma passion du scooter », sourit-il.

« Spoiler, il n’y a pas de bouton rouge pour la bombe atomique »

Très vite, François Hollande se met à commenter des extraits d’épisodes de séries politiques comme A la Maison Blanche, En place, Borgen, Veep ou encore Designated Survivor qu’on lui diffuse, pour avoir son avis sur ce qui est réaliste ou non. Comme cette scène récurrente dans la fiction, durant laquelle un président de la République, souvent américain, se voit confier une mallette avec le pouvoir de déclencher l’arme nucléaire. « Spoiler, il n’y a pas de bouton rouge pour la bombe atomique, commente-t-il. De la même façon qu’il n’y a pas de codes nucléaires sur un papier que se refilent les présidents entre eux. Heureusement d’ailleurs, c’est une action qui ne se décide pas seul et qui, si elle se faisait, doit suivre un long processus, et plusieurs avertissements. » En revanche, les séries n’inventent pas tout : « C’est vrai qu’on reçoit bien une mallette. Mais en réalité, elle nous sert uniquement à téléphoner. »

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Sous couvert de légèreté, François Hollande en a profité pour rappeler que la présence des armes nucléaires, et cette possibilité de les activer par les présidents, devait tous nous faire réfléchir sur le choix de la personne qu’on place au pouvoir. « En 2027, je suis sûr que ce sont sur ces sujets de tensions internationales et risques de conflits que se joueront les débats », poursuit-il.

La voiture, lieu de travail des présidents

L’humour revient malgré tout rapidement dans la conférence, surtout lorsque l’ancien chef d’État aborde les rituels des présidents Français à l’Élysée. Notamment l’attente en haut du tapis rouge, sur le perron du palais, à chaque moment solennel. « Il m’est arrivé d’attendre très longtemps l’arrivée d’un invité. C’est une situation délicate. S’en aller, c’est risquer de louper la personne. Rester, c’est une épreuve. » Il raconte alors la complicité qu’il a créée durant son mandat avec les voisins de l’Élysée, qui le regardaient piteusement patienter, du haut de leurs balcons.

François Hollande a par la suite confirmé qu’une autre scène récurrente dans les séries est bien réelle dans la vie. Celle de la prise de décision, ou d’une conversation primordiale, faite à l’arrière d’une voiture. « La voiture est un lieu de travail pour un chef d’État. Elle est blindée, évidemment, et sachez d’ailleurs que la porte est très lourde à ouvrir. J’ai commencé mon mandat dans une voiture. Heureusement, car il pleuvait, comme vous le savez. »

« Il faut être américain pour croire que c’est dans un couloir qu’on est le plus actif »

En revanche, le walk and talk, cette manie des scénaristes de séries de faire décider les présidents de l’avenir du pays pendant qu’ils marchent, serait une pure fiction. « Il faut être américain pour croire que c’est dans un couloir qu’on est le plus actif. On a des bureaux pour décider. En France, on aime d’ailleurs bien montrer le pouvoir. Ce qui passe aussi par le lieu et donc, par les salles de réception de l’Élysée. »

Autre cliché télévisé démonté rapidement par François Hollande, celui des points presse donnés par les porte-parole de la Maison Blanche. Un rôle qui n’existe pas en France. « Le président doit être maître de ce qu’il dit. Il ne faut pas que quelqu’un d’autre s’en charge à sa place », avance l’homme politique avant d’ajouter, taquin, « qu’un porte-parole de l’Élysée n’aurait aucun intérêt. Il ne se passe jamais rien au conseil des ministres. Cette personne commenterait des décisions qui ne sont pas prises, surtout en ce moment… »

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Donald Trump et Volodymyr Zelensky, entre fiction et (télé) réalité

Le ton se fait toutefois plus grave lorsque l’ex président aborde les sujets plus sérieux de sa fonction. Notamment les longues nuits de négociations durant les situations de crises, ou les décisions difficiles à prendre. « La mort accompagne le président. On y fait face régulièrement, lors d’événements dramatiques, comme des attentats ou des catastrophes naturelles, mais on peut même la décider en lançant des opérations militaires. »

Au sujet de la guerre, François Hollande est d’ailleurs longuement revenu sur le courage de Volodymyr Zelensky, à l’origine acteur de séries, propulsé président en conflit face à la Russie. Un talent de comédien qui, selon l’ancien chef d’État, est un atout pour le décisionnaire Ukrainien. « Heureusement qu’il sait jouer et improviser. Car dans la télé-réalité que lui a imposée Donald Trump en direct il y a quelques semaines, il a tenu bon et trouvé les répliques justes. Quand il a été élu, je suis certain que Vladimir Poutine a pensé que c’était un clown qu’il pourrait détruire facilement. Or, Zelensky est très résistant. »

Des références à Donald Trump, François Hollande en fera d’autres durant cette rencontre. Notamment sur son passé d’homme de télévision. « Trump, c’est un personnage de fiction qui est devenu réel. Le danger avec lui, c’est que c’est difficile de savoir s’il joue ou s’il décide vraiment ». Mais ce qui semble encore plus déranger l’ancien président français, c’est bien la coupe de cheveux du politicien américain. « Il est coiffé bizarrement. Comme tous les populistes d’ailleurs. Regardez Boris Johnson ou Javier Milei. Ils se coiffent ainsi pour dénoter et marquer les esprits. »

« On montre trop l’accession au pouvoir, et pas assez l’exercice réel au quotidien »

S’il ne semble donc pas vouloir partager l’adresse de leurs coiffeurs respectifs, François Hollande conclura cette conférence sur sa curiosité à l’égard de ces leaders politiques radicalement opposés à ses idées. « Je trouve que dans les séries, on montre trop l’accession au pouvoir, et pas assez l’exercice réel au quotidien. Moi, j’aimerais savoir comment se passe la vie au Kremlin, ou comment se prennent les décisions en Corée du Nord. » Une idée loin d’être légère, puisqu’elle révèle quelque chose qui semble tenir à cœur à François Hollande : « Tant que dans nos séries, on peut montrer les coulisses du pouvoir, les dérives, ironiser sur une situation ou parodier les présidents, c’est la preuve que l’on vit en démocratie. »

Sur cet éloge de la démocratie, François Hollande s’est éclipsé sous les applaudissements nourris de la salle et l’œil bienveillant de Julie Gayet, venue discrètement assister à la conférence. À quand une série sur l’histoire entre ces deux-là ? « On a fait l’actualité mais ce genre d’affaire personnelle ne suffit pas à faire une série. Il aurait fallu que ça ait un impact sur la politique pour cela ». Décidément, François Hollande avait visiblement bien préparé son intervention.

 
Anaïs BERNO.    Ouest-France  

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