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À Nantes, le fabricant de pompes à chaleur Saunier Duval remonte doucement la pente... |
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La production de l’usine a légèrement progressé en 2025, par rapport à 2024. Ici, sur la chaîne de montage des pompes à chaleur, dans l’usine Saunier Duval de Nantes. © Ouest-France
Les salariés de l’entreprise ont vécu leur premier plan social il y a un an. À Nantes (Loire-Atlantique), le fabricant de pompes à chaleurs Saunier Duval se refait des couleurs sur un marché encore incertain.
Dans l’usine, les lignes de production ne sont plus à l’arrêt et les ouvriers ne subissent plus de chômage partiel. Un an après le plan social qui a frappé Saunier Duval à Nantes (Loire-Atlantique), le fabricant de chaudières et de pompes à chaleur « s’est stabilisé », affirme la directrice, Yuna Josse. « On est rassurés, mais pas sereins », résume Frédéric Hoffmann, cadre et élu CFDT.
L’entreprise historique nantaise, qui appartient au groupe allemand Vaillant, a subi comme d’autres un gros repli des ventes malgré les objectifs très ambitieux d’Emmanuel Macron. Il avait fixé l’objectif annuel d’un million de pompes à chaleur (Pac) produites en France. Mais, après deux années de recul, cette cible est hors d’atteinte et la production française actuelle se situe « entre 250 000 et 300 000 Pac », selon François Deroche, président de l’Association française pour les pompes à chaleur (Afpac).
200 postes supprimés
À Nantes, Saunier Duval est loin de tourner à 100 % de ses capacités, mais la cure d’amaigrissement infligée à l’usine « a permis de sécuriser le site », selon la directrice. Deux cents postes ont été supprimés. Aujourd’hui, 548 salariés tentent de faire face à une activité toujours fluctuante. Le froid arrive, ça redémarre, la prime Renov est suspendue et c’est le gros coup de pompe. « Dans certains secteurs, il y a une surcharge de travail et, avec le plan social, nous avons perdu des compétences », insiste Marie-Paule Dupont, déléguée CFDT.
Si le marché des chaudières s’érode doucement, « 130 à 140 000 produites par an » , la Pac reste un produit d’avenir, assure le groupe. Mais il préfère ne donner aucun chiffre. Selon une étude de l’Ademe, la pompe à chaleur est rentable car elle réduit la facture énergétique par deux.
« On a su se réinventer »
« On n’a peu de visibilité, mais notre carnet est chargé jusqu’en début d’année, ajoute Frédéric Hoffmann. Le budget prévisionnel 2026 doit donner du travail à tout le monde. Mais peut-on être confiant à 100 % dans les prévisions ? Le plan social nous a appris à être méfiant. »
Comme les pompes à chaleur sont subventionnées, le marché est soumis à l’instabilité des aides publiques en France. « Nous exportons plus de la moitié de notre production, autour de 65 %, analyse Yuna Josse. En Allemagne où les subventions sont importantes, le marché est dynamique, mais en Espagne aussi alors que les aides y sont peu nombreuses. » La patronne de l’usine affiche une certaine confiance : « On a su se réinventer rapidement. Dans une situation d’urgence, on développe des réflexes de survie. » Les lignes de production ont été rendues plus flexibles, capables de fabriquer différentes gammes. « On est devenu un exemple pour les autres usines du groupe. On sera prêt quand le marché français va redémarrer. »