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À La Flèche, la mémoire des déportés locaux est inscrite dans les vitraux... |
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À La Flèche (Sarthe), l’église Sainte-Colombe abrite des vitraux à la mémoire de ses déportés, dont le Dr Lhoste, résistant local. © DR
À La Flèche (Sarthe), l’église Sainte-Colombe abrite des vitraux d’un genre particulier. Installés après la Seconde Guerre mondiale, ceux-ci racontent une petite histoire de la Résistance locale et rendent hommage aux déportés.
C’est un témoignage de la Seconde Guerre mondiale assez méconnu. Depuis bientôt 80 ans, le chœur de l’église Sainte-Colombe de La Flèche (Sarthe) abrite des vitraux qui détonnent un peu dans un lieu de culte vieux de plusieurs siècles. Dans ce triptyque intitulé « Foi, Charité et Espérance », on aperçoit, entremêlées à des images religieuses plus classiques, des scènes qui évoquent les camps de concentration avant et après leur libération.
Une œuvre réalisée par l’atelier angevin Bordereau, commandée pour restaurer l’église (bombardée en juin 1944) et qui a été inaugurée en 1948, par l’abbé Bidault. Celui-ci « engagé dans la Résistance pendant la guerre, avait décidé de collecter des fonds pour remplacer les vitraux détruits. Avec le comité des fêtes du Bas-Rhin, il a organisé quatre kermesses dans le parc du presbytère de 1946 à 1950 », décrit Karine Bergeot dans l’ouvrage La foi dans le siècle .
Huit déportés fléchois immortalisés
Parmi les visages immortalisés dans le verre, des figures qui n’ont pas été choisies au hasard puisqu’elles représentent des déportés locaux bien réels, ceux de huit déportés fléchois morts dans les camps : « L’abbé Jean de Maupeou donnant les derniers sacrements aux mourants, Louis Jaffré, marchand forain, Léopold Cognard, ouvrier serrurier, Jacques Reboul, teinturier, Ferdinand Pelletier, cafetier, Pierre Bizot, employé de banque, Eugène Pasquier, directeur de banque », et « le docteur Jean Lhoste, chef de la clinique de la Providence, soignant ses compagnons. »
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Ce dernier, à qui la Ville a aussi donné le nom de la rue qui traverse la place de la Libération, « était médecin à La Flèche depuis les années 1920. Il fournissait aux réfractaires des cartes d’alimentation. Il signait de faux certificats pour éviter le départ de jeunes en Allemagne dans le cadre du STO (Service du travail obligatoire) et appartenait à la Résistance intérieure française », explique Daniel Potron, historien local qui a longuement travaillé sur la période. Arrêté par la Gestapo en avril 1944, il fut déporté à Dachau où il mourut en février 1945, quelques semaines avant la libération du camp, des suites du typhus qu’il avait contracté en soignant ses compagnons.