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Le Mans. Le système "alerte pollution "bientôt modifié... |
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Les seuils aux particules fines ont été dépassés plusieurs fois depuis samedi dernier. © Photo "Le Maine Libre" Denis Lambert
A quoi servent les alertes pollution et comment fonctionnent-elles ?
En Sarthe, les alertes proviennent d’Air Pays de la Loire qui transmet aux autorités et collectivités locales les informations sur les mesures effectuées.
Un processus, éloigné des territoires, et qui ne donne pas entière satisfaction. « Le processus d’alerte va être conforté cette année » explique Michel Romagnoli, responsable de la mission énergie et changement climatique à la DREAL à Nantes.
Courant avril, un décret ministériel devrait donner un nouveau cadre aux alertes avec obligation aux préfets de mettre en place ensuite une déclinaison plus en lien avec leur département. La mise en application pourrait avoir lieu avant la fin de l’année, la France étant pressée par l’Europe.
« Cela va permettre d’affiner, de fournir une information plus spécifique pour chaque département » ajoute Michel Romagnoli.
« Par exemple, les informations sur le seuil de pollution sur une rocade pourraient être indiquées sur des panneaux lumineux pour diminuer la vitesse ». Les alertes pourraient être établies sur le modèle des plans grand froid et canicule.
Une certitude, quel que soit le processus défini, les alertes pollution ne vont pas disparaître. La proximité du bassin parisien expose particulièrement le département en cas d’anticyclone appuyé par des vents de nord-est. « Nous sommes dans un épisode relativement fréquent » explique d’ailleurs Michel Romagnoli. « Nous subissons les vents de nord-est ; la pollution de particules fines actuelles n’est pas locale mais elle provient du nord de la France notamment, de l’Allemagne et des Pays-Bas. Nous en sommes au seuil des recommandations sanitaires ».
Les préfets vont bientôt devoir fixer le seuil d’alerte selon leur territoire.
Ca fâche
« La réalité se rappelle à nous » indiquent les élus Europe Ecologie les Verts de Le Mans agglo.
« Dans la nuit du 26 mars le seuil d’alerte (plus de 80 microgrammes par m3) a été franchi. Qui l’a su ? Pourtant, il s’agit de notre santé, en particulier celle des enfants et personnes âgées » interroge Alexis Braud au nom d’Europe Écologie Les Verts. « Je m’étonne que les mesures nécessaires, réduction de vitesse par exemple, n’aient pas été prises par les autorités, notamment la préfecture ».
Au-delà de ces mesures d’urgence, Europe Écologie Les Verts rappelle l’importance de la prévention et pointe du doigt la circulation automobile. « La présence de particules fines résulte principalement des émissions des véhicules diesel, en particulier des poids-lourds », note Rémy Batiot.
« Or la circulation des poids-lourds ne cesse de s’amplifier sur nos routes : Cristal-Roc, Altadis, les carrières de Voutré… ont choisi de quitter le rail pour revenir au camion. C’est le résultat de la combinaison de deux facteurs : la politique SNCF sur le fret et la déréglementation féroce du secteur routier ».
Europe Écologie Les Verts le réaffirme : il y a urgence à inverser cette tendance. Les règles de protection sociale doivent s’appliquer à tous les transporteurs roulant en France et il faut inciter les entreprises à repositionner leur fret sur le rail.
Cela contribuera à rétablir durablement la qualité de l’air sur la ville du Mans et le département de la Sarthe.