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La Culture Pride franchit allégrement le « gay »2 |
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Le cortège de la première Gay-pride du Mans a réuni, samedi, environ 1 200 personnes. Dans la foule, beaucoup de jeunes et des familles venues soutenir leur enfant ou leur proche gay.
Le défilé organisé samedi dans une ambiance particulièrement festive a rassemblé dans ses rangs bien au-delà des seuls homosexuels et des traditionnelles icônes « trans » en talons hauts.
À gauche des sourires. À droite des sourires. Dans les rangs du cortège comme au sein de la foule des spectateurs massés en nombre, samedi après-midi sur le parcours du défilé, c'est la joie et la bonne humeur qui laisseront définitivement leur empreinte sur la première édition de la Gay-pride du Mans. Un vrai succès à plus d'un titre.
L'ambiance, d'abord. Constitué de quatre chars, dont une superbe voiture habillée de moumoute rose, le défilé qui a rassemblé quelque 1 200 personnes a transformé le coeur du Mans pendant deux heures en discothèque à ciel ouvert avec sono à fond, fumée jaune et coups de sifflets.
L'égalité des droits pour tous
Pour Éloïse 20 ans, « c'est génial. Plus convivial que le monde hétéro ». Romain, même âge, travaille en maison de retraite. Lui aussi trouve que « c'est super-sympa. À refaire évidemment. On est la génération qui fera accepter les gays », assure-t-il.
Un peu plus loin, une poignée de transsexuels et de travestis vêtus de soutien-gorge à paillettes, de robe panthère ou d'ailes de papillons lamées assurent le show.
Poses lascives, clins d'oeil coquins : rien ne manque au spectacle de ces « dames » maquillées comme des voitures volées qui acceptent avec gentillesse de poser en photo avec les badauds qui le demandent. Même attitude pour les deux soeurs de la charité perpétuelle dont les cornettes blanches tranchent sur le rouge vif de leur éventail qu'elles agitent frénétiquement en faisant les gros yeux et la bouche en cul-de-poule.
Pourtant, à y regarder de plus près, la foule ne rassemble pas seulement que des icônes « trans » en talon haut et des homosexuels venus réclamer l'égalité des droits pour tous ; raison principale, il faut le rappeler, de cette Gay-pride mancelle.
Dans le cortège, on distingue d'abord beaucoup de jeunes venus se déhancher au rythme des BPM. Quinquagénaires et sexagénaires sont aussi de la partie. Sans oublier Les Verts, seule formation politique à afficher clairement son soutien aux revendications du jour.
Mais il y a aussi des familles avec enfants et poussettes. « Toute la famille est venue défiler. Mon fils est homo et au début j'ai eu du mal à l'accepter. Maintenant c'est bon, explique Virginie, 38 ans. J'ai envie de marcher aujourd'hui pour que les gens acceptent enfin l'homosexualité. »
À côté d'eux défilent plusieurs membres de Contact, un collectif ayant pour objectif d'aider les familles et leurs amis à comprendre et à accepter l'homosexualité ou la bisexualité de leur fils, de leur fille ou de leurs proches.
« Ce serait tellement bien s'ils pouvaient refaire ça tous les ans, conclut Jacques, 43 ans. J'en ai marre de voir des homos se faire tabasser. Je suis content que leurs droits soient petit à petit reconnus. » Mais le chemin reste encore long.