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De sa tour, Annick toise son alcoolisme passé

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photo « je buvais pour aller bien, finalement je m'enfonçais. » aujourd'hui, annick jéhan a choisi sa vie. elle profite de ses amis, part en voyages, et aide les femmes alcooliques. 1

« Je buvais pour aller bien, finalement je m'enfonçais. » Aujourd'hui, Annick Jéhan a choisi sa vie. Elle profite de ses amis, part en voyages, et aide les femmes alcooliques.

Bien de l'eau a coulé sous les ponts depuis qu'Annick Jéhan a cessé de boire de l'alcool. Une abstinence totale depuis neuf ans, après une descente aux enfers sur laquelle elle revient sereinement.

Rencontre

Annick Jéhan,

ancienne alcoolique.

 

L'histoire d'Annick n'est pas facile à avouer. Pourtant, la couturière retraitée a choisi de le faire sans fard. L'ancienne alcoolique a fini de se cacher. Aujourd'hui, elle est au-dessus de cela. Elle a pris de la hauteur, de son appartement du 5e étage d'une tour des Sablons. Que la lumière pénètre par toutes les fenêtres donnant sur l'Huisne.

Sa mère, son frère sont morts de l'alcool

Sur le buffet, soigneusement encadrés, son fils et sa fille en mariés, son premier mari et ses six petits-enfants. Dans le buffet, des bouteilles d'alcool. Du pastis et du whisky dont elle a été dépendante jusqu'à toucher le fond. Son alcoolisme a duré quatre ans, de 2000 à 2004. Elle aurait pu en mourir. Comme sa mère et son jeune frère. « Il paraît que ce n'est pas héréditaire. Finalement, ça m'a pris du temps mais j'ai décidé de me battre. Aujourd'hui, je peux regarder ces bouteilles sans en avoir envie », assure-t-elle.

Comme un ancien fumeur que la fumée indispose, Annick ressent même du dégoût à l'odeur d'un alcool fort. Le thé vert la plonge dans ses souvenirs. Née à Flers dans l'Orne, elle voulait être comptable. Sa mère a choisi : tu seras couturière. Il faut dire que dans le département, dans les années 60, le textile file un bon coton. « Et puis, j'y prends goût. » Elle est même douée Annick, confectionne des blouses de travail, devient chef d'atelier pour les Lingeries Parisiennes. « J'avais des responsabilités, des filles sous mes ordres, on me faisait confiance. »

Licenciement, décès, solitude...

La série noire, Annick Jéhan la prend en pleine figure. Le verre salvateur puis très vite destructeur à la main. Le décès, dans son sommeil, de son mari malade du coeur. « J'ai vécu six décès familiaux en trois ans, une hécatombe. » Des malheurs qui n'arrivent jamais seuls. Médical Z la licencie pour faute grave, elle, la scrupuleuse couturière, alors qu'elle a quitté les sous-vêtements Variance, pour un meilleur salaire. Les Prud'hommes lui donnent raison, elle est réintégrée, mais le mal est fait. Elle a 46 ans. Médical Z part s'installer à Tours, elle décide de ne pas suivre.

La spirale l'emporte alors comme une lame de fond. Son second mari ne lui est d'aucun secours, elle est souvent seule, s'ennuie dans leur maison d'Yvré-l'Évêque. « Au début, c'était un vin cuit le soir, se rappelle Annick. Puis très vite, l'habitude devient un besoin. J'achète des bouteilles plates, pour les cacher sous mon matelas. » Quand les enfants lui rendent visite et qu'ils les trouvent, c'est la crise, ils les vident dans le lavabo. « Mais je retourne en acheter, je bois toute la journée, verre sur verre, des alcools forts, pastis, whisky. »

Impliquée dans un homicide sur la route

Un jour, elle attend ses enfants pour déjeuner, mais elle est incapable de leur faire à manger. Elle finit au fossé en se rendant à la boulangerie en voiture. Et aux urgences, dans un coma éthylique.

À sa sortie, la première main tendue par ses voisins, elle l'a saisie. Ils ont deviné. « Quand vous buvez, vous sentez l'alcool, vous bafouillez, votre peau est boursouflée. » Annick suit une cure de sevrage au Centre de cure ambulatoire en alcoologie Gallouédec, à Parigné-l'Évêque. Les médicaments sont substitués à l'alcool. « J'ai tenu trois mois. Mon mari lui-même me servait de l'alcool. Mon couple battait de l'aile, je picolais toute la journée, dépressive. »

Jusqu'à ce drame, cet électrochoc, qui pousse Annick au réveil. La mort d'un homme dans un accident de la route à Rémalard (Orne), en 2003. La victime, un retraité, lui coupe la route à un carrefour. Mais elle a bu. « Je ne suis pas responsable, mais fautive. Le tribunal me condamne à trois mois de retrait de permis et une amende de 400 €. »

Tout plaquer, tout recommencer

Cette fois, elle est déterminée. Plus jamais ça. Elle suit une deuxième cure de sevrage, et met deux ans à réaliser son projet préparé en cachette de tous : quitter son mari, trouver un appartement et déménager. Elle l'a fait. La peur au ventre, mais elle l'a fait.

Aujourd'hui, Annick Jéhan se la coule douce dans l'appartement qu'elle a acheté et aménagé avec soin aux Sablons. Dehors, elle s'active, profite avec plaisir des activités de Loisirs des retraités sarthois. La dynamique Annick conseille, à domicile, des femmes malades de l'alcool (1), offre ses services aux Paralysés de France, danse, va au spectacle, voyage avec ses amis. De son voyage personnel, elle revient de loin avec fierté. « Ça fait neuf ans que je n'ai plus bu une goutte d'alcool. »

 

(1) SOS Alcool. Alcool écoute-Joie et santé Sarthe, centre Georges-Coulon, 40, rue Henry-Delagénière, 72000 Le Mans. Tél. 02 43 54 84 09.

 
Véronique GERMOND.

   Ouest-France  

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beau courage
je viens de lire votre article je suis tres fiere de cette femme.maintenant qu'elle profite de cette nouvelle vie.je lui dis avec avec un grd F Felicitation
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