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Villaines-sous-Lucé. Sylvain, piégeur, connaît les habitudes du ragondin... |
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Sylvain Beaufils régule la population de ragondins dans la commune de Villaines-sous-Lucé © Le Maine Libre
Cité comme étant le piégeur le plus efficace du groupement de Villaines, Sylvain Beaufils, retraité et âgé de 68 ans, nous explique son travail.
Le Maine-Libre : Depuis quand régulez-vous la population de ragondins dans votre commune ?
Sylvain Beaufils : « Il y a 4 ans, à la demande de Norbert Lebert, président à l’époque du GDON (Groupement de défense des organismes nuisibles) qui m’a sollicité pour un remplacement. Depuis lors je ne me suis plus arrêté. Après avoir appris sur le tas, les astuces pour poser la cage et traquer le ragondin, je connais les habitudes de cet animal. Je précise que je ne suis pas chasseur ».
À quelle époque de l’année intervenez-vous ?
« Il n’y a pas d’époque. Le ragondin est présent sur nos berges toute l’année, néanmoins pour suivre leurs traces, l’hiver est plus propice, les herbes sont moins hautes. En ce moment je consacre plus d’une heure et demie par jour pour piéger le ragondin, c’est un animal méfiant. Je pose trois à quatre pièges à la journée, j’y dépose l’appât des pommes en ce qui me concerne, certains mettent des carottes. Le soir j’y retourne pour récupérer la ou les prises. Nous entreposons les ragondins dans des congélateurs que la commune nous met à disposition ainsi qu’un local pour entreposer nos pièges ».
Combien de ragondins piégez-vous en une année et où les attrapez-vous ?
« Je piège environ une soixantaine de ragondins par an. Mes prises se font le long du ruisseau la Veuve ou autour des étangs. C’est à la demande des propriétaires, et nous agissons bénévolement. Le ragondin, outre qu’il est porteur d’une maladie mortelle pour l’homme, fait également beaucoup de dégâts. Il fait s’affaisser les berges et peut même, par les galeries qu’il creuse, vider un étang. J’ai eu le cas en 2019 ou deux étangs se sont retrouvés sans eau ».
On recherche des piégeurs bénévoles
En ces temps où certains animaux sauvages sont porteurs de maladies graves et contagieuses qui peuvent être mortelles pour l’homme, le piégeur régule leur présence. C’est notamment le cas du ragondin qui foisonne dans nos contrées et est porteur de la leptospirose, appelée aussi la douve du foie.
Aymeric Touchard, président du GDON (groupement de défense des organismes nuisibles), une association dont la mission est la régulation d’animaux dangereux tels que le frelon asiatique, le ragondin et la destruction des végétaux invasifs comme l’ambroisie, explique : « Dans la commune, notre action en 2019 a été axée essentiellement sur le ragondin. Avec nos opérateurs, nous avons réussi à mettre hors d’état de nuire 127 ragondins. Je rappelle qu’un ragondin sur deux est porteur de la leptospirose. Je remercie les piégeurs et je salue le retour de Sylvain Beaufils qui est expert ». Et de conclure : « Nous avons besoin de bénévoles pour poursuivre cette mission et nous les invitons à nous rejoindre ».
Les piégeurs récompensés pour l’année 2019 sont : Bruno Matra, Vincent Augereau, Yannick Vérité, Vincent Guyard et Sylvain Beaufils.
Contact : Aymeric Touchard, tél. 06 43 89 30 87