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« Une page d’histoire se tourne » : le plan pour « reconstruire » l’hôpital du Bailleul en Sarthe... |
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Les représentants du Pôle santé Sarthe et Loir (PSSL), du Centre hospitalier du Mans (CHM) et de la délégation sarthoise de l’Agence régionale de santé (ARS) réunis, ce mardi 3 mai 2022, au Bailleul. ©  Ouest-France
Les représentants du Pôle santé Sarthe et Loir (PSSL), du Centre hospitalier du Mans (CHM) et de la délégation sarthoise de l’Agence régionale de santé (ARS) ont signé, ce mardi 3 mai 2022, une « feuille de route partagée » entre le PSSL et le CHM. L’idée : partager davantage les moyens pour relancer l’hôpital situé entre Sablé-sur-Sarthe et La Flèche, en difficulté depuis plusieurs années.
Ils ont signé sous l’œil des appareils photos et des caméras. Les représentants du Pôle santé Sarthe et Loir (PSSL), du Centre hospitalier du Mans (CHM) et de la délégation sarthoise de l’Agence régionale de santé (ARS) étaient réunis, ce mardi 3 mai 2022, dans l’établissement situé au Bailleul (Sarthe) pour présenter officiellement la « feuille de route partagée » entre le PSSL et le CHM. Une initiative qui vise à aider le PSSL, en proie aux difficultés depuis plusieurs années. Voici ce qu’il faut savoir sur ce plan.
Pourquoi ce rapprochement ?
« L’établissement traverse depuis un certain nombre d’années une fragilité dans son offre de soins, notamment du fait de postes médicaux vacants. Ce qui engendre une baisse d’activité et un recours important à l’intérim, dégradant la situation financière », résume Catherine Robic, la directrice, s’appuyant sur un audit réalisé au sein du deuxième hôpital le plus important de Sarthe.
Cette situation avait été mise en lumière lors de l’annonce de l’application de la loi Rist, à l’automne dernier, qui visait à encadrer la rémunération des médecins intérimaires, avant d’être finalement reportée. Elle se perçoit encore aujourd’hui à travers les fermetures régulières des urgences.
Le Centre hospitalier du Mans (CHM) est l’établissement « support » au sein du Groupement hospitalier de territoire (GHT) de la Sarthe. C’est naturellement lui qui est mobilisé pour sortir le Pôle santé Sarthe et Loir (PSSL) de l’ornière, en lien avec l’Agence régionale de Santé (ARS) et le CHU d’Angers dans le Maine-et-Loire voisin. « Il est important de regagner la confiance des patients et des professionnels de santé de ville », relève Guillaume Laurent, le directeur général du CHM.
C’est quoi cette « feuille de route partagée » ?
Elle résulte d’un « travail de projection sur toutes les disciplines de l’hôpital » avec des objectifs à deux, cinq voire dix ans selon les spécialités. « C’est une page d’histoire qui se tourne. Le début d’une reconstruction », souligne Catherine Robic.
Plusieurs actions sont identifiées pour favoriser la collaboration. Il est notamment prévu une mise à disposition de personnels du CHM, dans la limite de ses ressources propres disponibles, en développant les « temps partagés » avec des soignants qui acceptent de répartir leur activité entre Le Mans et Le Bailleul. C’est déjà le cas du chef des urgences, le Dr Imsaad, qui gère les deux services depuis janvier.
« Le développement de l’hôpital du Mans se fait désormais à l’échelle de la Sarthe, c’est un équilibre à trouver. On ne peut plus faire dériver la population du Sud-Sarthe alors que le PSSL dispose d’un très beau plateau technique et de très bons praticiens », remarque François Goupil, à la tête de la commission médicale d’établissement du CHM.
En se rapprochant, les deux structures espèrent aussi pallier leur déficit de recrutements. « On sera plus attractifs ensemble. Les postes partagés peuvent séduire de jeunes médecins qui habiteraient Angers et qui ne voudraient pas faire toute la semaine le trajet jusqu’au Mans », illustre François Goupil.
Qu’est-ce que ça va changer pour les patients ?
Le PSSL va adopter cette année le système de dossier patient informatisé Orbis, comme le CHM, pour faciliter le partage d’information entre les deux établissements. Ce qui s’avérera particulièrement utile en cas de transfert.
Les efforts vont aussi continuer pour relancer le service des urgences. « C’est vraiment le noyau dur, le plus important actuellement », commente Jérémy Lellouch, le nouveau président de la commission médicale d’établissement du PSSL. « On essaie déjà de rester ouvert en journée. Mais un retour à la normale va prendre du temps parce que la spécialité urgentiste est une denrée rare », note-t-il. Aujourd’hui, le service dispose de deux équivalents temps plein quand il en faudrait 12 pour un fonctionnement optimal 24 heures/24, en comptant aussi le SMUR.
D’ici 2023, d’autres spécialités en souffrance doivent bénéficier de cette synergie comme la gastro-entérologie, l’ophtalmologie ou encore l’ORL. D’ici 2025, ce sera au tour de l’oncologie médicale. « Nous n’avons plus de chimiothérapie en hôpital de jour sauf cas exceptionnel, explique Jérémy Lellouch. L’idée serait de profiter de l’ouverture du centre de cancérologie de la Sarthe, dans les prochains mois, pour nouer des collaborations et éviter aux patients de Sablé ou La Flèche d’avoir à faire le trajet jusqu’au Mans pour commencer leur cure. »