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« Une mosaïque d’habitats » : ce sanctuaire pour la biodiversité s’ouvre au public en Sarthe... |
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La Prée d’Amont, un site naturel à Vaas, où le Conseil départemental de la Sarthe a effectué des travaux. © Ouest-France.
C’est une balade de 2,2 km qui est proposée à Vaas (Sarthe), le long du Loir. Labellisé espace naturel sensible, La Prée d’Amont est un sanctuaire pour la biodiversité. Comme 19 autres sites dans le département, des aménagements permettent une ouverture au public.
« À l’époque, on a eu le choix : aménager une grande prairie pour les oiseaux ou privilégier une mosaïque d’habitats. C’est ce parti pris que nous avons choisi pour notre plan de gestion. » Jézabel Joalland, responsable du bureau Agriculture et environnement au Département, a passé de solides chaussures de randonnée avant de pénétrer dans l’aire de La Prée d’Amont.
Les 14 ha de cet espace naturel, bordant le Loir, à Vaas, promettent parfois une déambulation les pieds dans les flaques. Ce n’est pas le cas en ce lundi 26 mai 2025 à l’occasion d’une visite « touristique » de cet espace naturel sensible (ENS), l’un des vingt labellisés dans la Sarthe.
À La Prée d’Amont, chouchouter la biodiversité consiste à intervenir mais de façon raisonnée. « Ici, c’est l’un des plus grands et des plus anciens espaces naturels gérés par le Département, rappelle François Boussard, conseiller départemental et président de la commission agriculture et développement durable. L’enjeu est d’avoir un plan de gestion et de sensibiliser le public au respect de ces endroits. »
Prairies humides
Propriétaire de neuf sites, le Conseil départemental accompagne, dans les onze autres, les collectivités locales ou le Conservatoire régional des espaces naturels. Avec l’arrivée des beaux jours, les ENS offrent des promenades très variées et instructives, que les écoles connaissent bien.
Prendre le temps de découvrir La Prée d’amont, c’est marcher pendant une bonne heure et observer des haltes devant les panneaux explicatifs. Dans ces parcelles s’étendait autrefois un pré communal, prisé des paysans pour son fourrage abondant. Le Département, à l’occasion d’un réaménagement foncier lié à l’immense chantier de l’A28, a acquis ces prairies humides. « Il y avait beaucoup de saules à l’époque avec une biodiversité moins riche, note Jézabel Joalland. Ces prairies, inondées l’hiver et plus sèches l’été, sont riches d’une flore et d’une faune adaptées. Ce type d’habitat est en forte regression avec l’intensification de l’agriculture. »
Un oiseau aux allures de perdrix
La préservation de cet ENS n’entraîne pas pour autant une mise sous cloche : un agriculteur fauche régulièrement les prairies alors que les roselières sont coupées tous les cinq ans environ. L’observateur attentif (et patient) apercevra peut-être le courlis cendré, la pie-grièche écorcheur ou encore le cuivré des marais, un papillon protégé. Pour mieux connaître ce milieu, des études sont réalisées sur la flore et la faune.
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Les gestionnaires de La Prée d’amont tentent par exemple de favoriser le retour du Râle des genêts, un oiseau aux allures de perdrix, présent jusqu’en 2005 sur le site et dans la vallée du Loir. Le Département a choisi des fauches tardives pour lui laisser le temps d’effectuer son cycle de reproduction. Pour le moment, aucun individu n’a été observé alors que l’espèce figure parmi les plus menacées en France et en Europe. L’espoir demeure puisque le Râle des genêts est encore présent dans le Maine-et-Loire.