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« Une hausse des prix des billets d’avion est inévitable » : comment la guerre au Moyen-Orient bouscule les destinations... |
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Chez Air France, sur un vol long-courrier, il faut compter 50 € supplémentaires pour un aller/retour © Hans Lucas via AFP
Sous l’effet de l’envolée du pétrole, certaines compagnies aériennes commencent à augmenter leurs tarifs. En conséquence, un trafic réduit et des nouvelles tendances de voyages.
« Une hausse des prix des billets d’avion est inévitable », prévenait Willie Walsh, directeur général de l’Iata, association internationale du transport aérien, en réaction à la flambée des cours des hydrocarbures liée à la guerre au Moyen-Orient et au blocage du détroit d’Ormuz. En effet, vendredi 20 mars, le baril de pétrole a dépassé les 216 dollars, contre 88 dollars avant le début du conflit.
Sachant que le carburant représente un quart du prix de l’exploitation d’une ligne pour les compagnies aériennes. « Ce doublement va nécessairement induire une contraction supplémentaire du trafic », présente Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français, l’UAF.
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50 € supplémentaires chez Air France
Et les répercussions se font déjà sentir. Air France et KLM confirment auprès de Ouest-France avoir déjà relevé leurs tarifs : « en classe économique, sur les vols long-courriers, les billets émis depuis le 11 mars 2026, ont augmenté de 50 € aller/retour (70 € pour les vols vers les États-Unis, le Canada et le Mexique pour les billes émis à compter du 19 mars 2026). Sur les vols court et moyen-courriers, les billets émis à partir du 16 mars 2026 ont augmenté de 10 € aller/retour. » Sans pour autant préciser si ces revalorisations affectent la demande. Du côté de Cathay Pacific, c’est la surtaxe carburant qui va augmenter de 34 % à compter du 1er avril.
Chez EasyJet, aucun changement à l’horizon nous déclare la compagnie : « nous sommes bien couverts et il est beaucoup trop tôt pour spéculer. » La compagnie low-cost achète son carburant à l’avance, avec sa politique dite de «hedging», une couverture pour réduire l’exposition au risque d’augmentation. La compagnie souligne par ailleurs ne pas opérer au Moyen-Orient limitant ainsi l’impact direct sur ses activités.
Privilégier les destinations proches
À cette pression tarifaire s’ajoute une incertitude sur le maintien des vols. Les voyageurs prennent donc des précautions et réadaptent leur feuille de route. Même si les assureurs restent discrets sur une éventuelle hausse des souscriptions à l’assurance annulation. Il est toutefois utile de rappeler que les événements liés à la guerre ne font pas partie des motifs couverts par la garantie annulation voyage. En revanche, un vol annulé par la compagnie aérienne entraîne un remboursement. Mais selon l’assureur Allianz Partners : « les voyageurs ont tendance à reporter leur voyage plutôt qu’à les annuler. » Pas question de faire une croix sur les vacances donc. Simplement, les critères de choix évoluent au profit de « destinations proches, celles qu’ils estiment plus sûres, les réservations de dernière minute, la flexibilité, ainsi que les marques réputées », observe l’assureur.
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Le prix n’est plus le seul facteur. Le besoin de réassurance devient central. « Nous constatons une vraie demande pour des destinations perçues comme plus sécuritaires avec des pays très plébiscités comme la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Maroc et la Tunisie. Pour l’instant, ces destinations demeurent accessibles mais la hausse de la demande devrait entraîner une augmentation des prix », note Christophe Fuss, directeur général de TUI France. Le tour-opérateur s’est lui aussi adapté à la situation en lançant l’offre « Plan B » pour permettre aux vacanciers de modifier leur date de départ et leur destination jusqu’à 15 jours avant leur voyage, pour toute réservation effectuée entre le 20 mars et le 31 mai 2026.
Il est également trop tôt pour mesurer un éventuel impact sur les réservations de billets de train nous indique la SNCF.