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Tueurs en série, violeurs… Ils sont ces avocats qui défendent des criminels et nous disent pourquoi... |
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Pourquoi et comment des avocats acceptent-ils de défendre les auteurs de crimes atroces ? « Ouest-France » est allé à la rencontre de plusieurs d’entre eux. © ILLUSTRATION JEFF POURQUIÉ POUR OUEST-FRANCE
Ils sont les porte-voix de ceux que la vindicte populaire qualifie « de monstres ». « Ouest-France » a voulu se glisser dans la tête de ces avocats qui assistent les pires criminels. La parole est à la défense !
« La défense est obligatoire, en cour d’assises, c’est une des règles fondamentales de la démocratie. » La formule est de Me Henri Leclerc. Celui-là même qui avait failli être lynché lorsqu’il avait défendu, en 1989, Richard Roman, accusé d’avoir violé et tué une fillette de 7 ans. Malgré la vindicte populaire, la justice avait acquitté Roman…
Alors oui, tout accusé a le droit d’être défendu. C’est une règle intangible, inscrite dans le droit pénal. Ainsi le 3 mai, Nordahl Lelandais, ancien militaire mis en examen pour le meurtre et l’enlèvement de la petite Maëlys en août 2017 à Pont-de-Beauvoisin (Isère) sera-t-il assisté de Me Alain Jakubowicz dans le premier procès devant la cour d’assises de la Savoie, celui du meurtre du caporal Arthur Noyer.
Dans la tête des avocats
Comment défend-on un assassin ? Pourquoi avoir accepté cette affaire ? Comment l’assumer auprès de ses proches ? Comment vit-on le battage médiatique ? Quel lien garde-t-on avec son client après le verdict ? Quel a été l’impact sur leur carrière ? Ouest-France a souhaité aller au-delà de la simple obligation légale. Et entrer dans la tête de ces avocats que l’on associe trop souvent à leurs clients.
Journalistes à Ouest-France, Jeanne Nicolle-Annic, Pierrick Baudais et François Grégoire ont échangé avec l’avocat de Nordahl Lelandais, mais aussi Me Frédérique Pons, avocate de Guy Georges, Me Fabienne Roy-Nansion, avocate de Fabienne Kabou et David Delplanque (Outreau), Me Caroline Bolla, avocate de Nicolas Charbonnier, Me Thierry Moser, avocat de Christine Villemin, un temps accusée d’avoir tué son fils propre fils, le petit Grégory, Me André Buffard, avocat du terroriste Carlos et de Jean-Claude Romand, et Me Thierry Illouz, pénaliste et auteur du livre Même les monstres.
Toutes ces robes noires se sont confiées sur ces périlleuses défenses. L’occasion de connaître l’envers du décor de ces procès médiatiques et de comprendre les raisons qui ont poussé ces ténors du barreau à accepter ces affaires. Une série de témoignages en cinq volets.
Notre série
Nordahl Lelandais, Guy Georges, Arce Montes… Comment leurs avocats ont accepté de les défendre
« Le monstre, ça n’existe pas » : ces avocats racontent leur première rencontre avec des tueurs
Mauvaise foi et mensonges : les avocats sont-ils prêts à tout pour défendre les criminels ?
« On ne fait pas ça pour être aimés » : comment les avocats des criminels vivent la folie médiatique
« Vous ne sortez jamais vraiment d’un procès d’assises » : comment les grands avocats vivent l’après