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Sablé-sur-Sarthe. Ce qu’il faut savoir des travaux du pont Joël-Le-Theule... |
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Prévus à partir du 12 avril pour trois mois, les travaux sur le pont Joël-Le-Theule, à Sablé-sur-Sarthe, vont très fortement impacter la circulation. © Ouest-France
À partir du lundi 12 avril 2021, le pont Joël-Le-Theule, à Sablé-sur-Sarthe, sera en travaux. Pendant au moins trois mois, un chantier d’envergure va y être mené, impactant fortement la circulation sur cet axe majeur.
Très abîmé, le pont Joël-Le-Theule, axe majeur de la circulation à Sablé-sur-Sarthe, va faire l’objet de travaux à partir du lundi 12 avril 2021. Tour d’horizon de ce chantier d’envergure, prévu pour trois mois.

Patrick Julienne, responsable du bureau des ouvrages d’art au Conseil départemental de la Sarthe. Ouest-France
Pourquoi des travaux sont-ils nécessaires ?
Construit entre 1973 et 1974, le pont Joël-Le-Theule n’a pas été conçu selon les normes actuelles. « Il fait partie des premières générations d’ouvrages en béton précontraint, explique Patrick Julienne, responsable du bureau ouvrages d’art du Conseil départemental de la Sarthe. Aujourd’hui, les armatures sont enrobées dans une couche d’au moins cinq à six centimètres, contre un à deux à l’époque. »

Les fientes de pigeons ont contribué à détériorer l’ouvrage. Ouest-France
Résultat : l’éclatement du béton, aggravé par « des phénomènes chimiques », et par les fientes de pigeons qui ont obstrué les tuyaux d’évacuation des eaux pluviales.
Les travaux sont-ils urgents ?
Oui. Tellement urgents que des premiers travaux de stabilisation ont déjà été entrepris à l’automne dernier, en attendant le gros chantier. « Si rien n’était fait, le garde grève finirait par lâcher, et pourrait entraîner un affaissement brutal », détaille Patrick Julienne. En d’autres termes, « un gros trou » pourrait apparaître, mettant évidemment en danger les usagers.
Le chantier est-il hors norme ?
Oui et non. Oui, car c’est la première fois qu’un chantier d’une telle ampleur, touchant à la structure même de l’ouvrage, de soixante-quinze mètres de long, est mené depuis sa construction il y a quarante-sept ans. Oui aussi, car il va se dérouler pendant la circulation des véhicules.

Plus de 15 000 véhicules empruntent chaque jour le pont, construit en 1973-1974. Ouest-France
Non, car il ne sera pas particulièrement spectaculaire d’un point de vue visuel, y compris quand le pont sera « levé ».
Comment va se dérouler le chantier ?
En trois phases, prévues sur trois mois. Pour pouvoir démolir et reconstruire les parties arrières du tablier – la partie du pont sur laquelle on circule -, les ouvriers vont d’abord devoir démolir la chaussée sur cinq mètres (de chaque côté du pont).

À part les convois exceptionnels, les poids lourds seront autorisés à circuler pendant les travaux. Archives Ouest-France
Une fois les différents éléments soutenant le tablier reconstitués et réaménagés, ce dernier sera levé (vérinage) d’un à deux centimètres pour pouvoir changer les appareils d’appui, des éléments en élastomère qui favorisent le glissement du tablier sur les appuis. La dernière partie consistera à refaire l’enrobé.
Quid de la circulation ?
Elle risque bien d’être très, très compliquée. Avec deux voies neutralisées, la circulation automobile se fera en 2x1 voie, poids lourds compris. Chaque jour, 15 650 véhicules empruntent en moyenne le pont, dont 1 940 poids lourds. Selon le Département, la déviation de ces derniers « n’est pas envisageable ». Seuls les convois exceptionnels seront interdits.

L’arrière des culées (partie verticale) devra être démoli, puis refait. Ouest-France
À noter que toute circulation sera complètement interdite pendant deux ou trois nuits en juin, pendant l’opération de vérinage.
Combien ça coûte ?
Entièrement financé et piloté par le Conseil départemental – le pont faisant partie de la RD 306 -, le chantier s’élève à 450 000 €. Il mobilise deux entreprises, spécialisées dans le génie civil et le terrassement de chaussée.