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« On veut faire quelque chose » : des soignantes lancent un collectif pour la maternité du Bailleul

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photo  émilie cadieu, aide-soignante, et camille guineheux, sage-femme, sont à l’origine du collectif « ensemble pour la maternité » du pôle santé sarthe et loir, situé entre sablé-sur-sarthe et la flèche (sarthe).  ©  ouest-france 1

Émilie Cadieu, aide-soignante, et Camille Guineheux, sage-femme, sont à l’origine du collectif « Ensemble pour la maternité » du Pôle santé Sarthe et Loir, situé entre Sablé-sur-Sarthe et La Flèche (Sarthe). © Ouest-France

La deuxième maternité publique de la Sarthe, hébergée au Pôle santé Sarthe et Loir, entre Sablé-sur-Sarthe et La Flèche, ne réalise plus d’accouchement depuis plus de six mois. Des soignantes ont décidé de monter un collectif et de lancer une pétition pour alerter sur la situation.

12 juillet 2023. Un mercredi. À compter de ce jour d’été, les accouchements ont été suspendus au Pôle santé Sarthe et Loir (PSSL), l’hôpital situé sur le territoire de la commune du Bailleul, à mi-chemin entre Sablé-sur-Sarthe et La Flèche. Le compteur des bébés venus au monde l’année dernière dans l’établissement public du sud de la Sarthe s’est arrêté à 198. Il n’a pas redémarré en 2024.

Après des pénuries en gynécologie et en anesthésie réanimation dans les premiers temps, la direction pointe dans sa communication un « problème de continuité et de permanence des soins concernant la pédiatrie ». De communiqué en communiqué, voilà plus de six mois que la suspension est ainsi prolongée.

Une pétition avec déjà 1 700 signatures

« Nous voulons rouvrir de manière pérenne le service, pas pour quelques jours. Mais nous n’avons pas encore de perspective à court terme », informe Jérémy Lellouch, le président de la Commission médicale d’établissement.

Une situation qui préoccupe forcément au sein du pôle mère enfant. Deux équipières ont décidé de se mobiliser à leur manière. Camille Guineheux, sage-femme de 32 ans, et Émilie Cadieu, 40 ans, sont à l’origine de la création d’un collectif de soignants, baptisé « Ensemble pour la maternité ». Il a été lancé au début du mois de janvier, à travers une page sur le réseau social Facebook.

« On est en train de se faire endormir », lancent les deux femmes, qui ont eu l’idée de ce groupe lors d’une discussion juste avant Noël. « On ne savait pas trop quoi faire, mais on voulait faire quelque chose », appuient-elles.

Depuis, Camille Guineheux et Émilie Cadieux ont déjà fédéré autour d’elles une vingtaine de soignantes actives ou retraitées, reliées de près ou de loin à la maternité. Et la page qu’elles animent réunit plus de 300 abonnés. « L’idée, c’est de trouver ensemble des initiatives pour faire parler de la maternité. On souhaite aussi que la population et les élus nous rejoignent », présentent les deux initiatrices.

C’est dans ce sens et pour gagner en « légitimité » qu’elles ont aussi ouvert dans la foulée une pétition en ligne, le 15 janvier. « Si rien n’est fait rapidement, nous craignons que la maternité du PSSL ne vienne à fermer définitivement », peut-on lire dans le texte, déjà signé par plus de 1 700 personnes en dix jours.

« Moralement, ce n’est pas facile »

La maternité du Bailleul est classée en catégorie 1, c’est-à-dire qu’elle gère les mamans dont l’accouchement ne présente pas de risques particuliers, contrairement aux catégories 2 et 3. C’est la seule maternité publique en dehors du Mans dans le département. En temps normal, elle tourne à environ 500 naissances par an.

« Un établissement de niveau 1 comme le nôtre est important pour le bassin de Sablé-sur-Sarthe et La Flèche, plaide Émilie Cadieux. La maternité est appréciée. L’esprit y est familial, on prend le temps. On connaît les mamans qui reviennent après un premier enfant… »

Lire aussi : Sa maternité suspend les accouchements cet été, elle déclenche le sien pour ne pas être transférée

Sans accouchement, au milieu du quotidien des consultations en pédiatrie et en gynécologie, l’activité s’adapte. En proposant aux jeunes parents des ateliers massages des nouveau-nés, bains enveloppés, diversification alimentaire…

« C’est triste de ne plus pouvoir pratiquer complètement notre métier. On ne peut pas encore dire à ce stade que l’on perd en compétence mais il y a une perte de sens. On a le sentiment d’être moins utiles », relève Camille Guineheux, la sage-femme.

« Moralement, ce n’est pas facile. C’est un peu les montagnes russes », confirme Émilie Cadieux, qui en tant qu’aide-soignante, officie aussi désormais dans d’autres services pour compenser. « On essaie de rester positives, confient les deux professionnelles. Mais l’on sait que plus la maternité reste fermée, plus elle perd des chances de rouvrir un jour. »

 
Tony FABRI.    Ouest-France  

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