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« On n’est pas là pour faire de la plaisance » : avec les inondations, ces policiers en bateau patrouillent sur la Maine... |
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Les CRS de la Section des moyens spécialisés patrouillent sur la Maine en crue qui traverse la ville d’Angers. Ils sont là pour faire respecter les interdictions de naviguer et de baignade. © Jérôme Fouquet/Ouest-France
Depuis jeudi 19 février 2026 et le début des inondations en Maine-et-Loire, la préfecture a publié un arrêté interdisant la circulation sur les cours d’eau du département. Depuis lundi 23 février, des effectifs de police spécialisés ont été déployés sur la Maine pour faire respecter l’arrêté.
De l’eau recouvre les arbres et les panneaux de circulation. Même le barrage est submergé. Seul le bruit du moteur du semi-rigide vient perturber le calme olympien qui règne sur la Maine en crue depuis une semaine. Ce mercredi 25 février 2026, les policiers CRS de la section des moyens spécialisés (SMS) patrouillent en bateau, comme ils le font tous les jours depuis lundi. Ils multiplient les allers et retours, entre le pont de Verdun et le parc Balzac, sous les yeux des promeneurs. On n’est pas là pour faire de la plaisance, pose le chef Nicolas B. L’objectif principal, c’est de sécuriser la population en période d’inondations.

Depuis lundi, ces policiers spécialisés dans la gestion de crise patrouillent sur la Maine. Jérôme Fouquet/Ouest-France
Depuis jeudi 19 février, la préfecture a publié un arrêté interdisant l’accès à l’eau et aux berges sur tous les cours d’eau de Maine-et-Loire. Impossible donc, de profiter du redoux pour une balade nautique. Deux jours plus tôt, trois personnes avaient chaviré dans la Loire en canoë, à Chalonnes-sur-Loire. Un homme de 53 ans est depuis toujours porté disparu. La préfecture l’a rappelé, en période de crues, les cours d’eau sont particulièrement dangereux. La puissance des courants et les déchets et branchages charriés peuvent surprendre même les plus aguerris.

Ces CRS sont là pour faire respecter les interdictions de naviguer et de baignade sur la Maine à Angers. Jérôme Fouquet/Ouest-France
Des policiers spécialisés dans la gestion des crises et catastrophes naturelles
L’unité du chef Nicolas, basée à Vélizy-Villacoublay (Yvelines), a été appelée dimanche pour venir prêter main-forte aux effectifs de police de Maine-et-Loire, sur demande du préfet.
Spécialisée dans la gestion des crises, elle est habituée à se mobiliser pour tous types de situation. On est un peu des couteaux suisses. Notre spécialité, c’est le maintien de l’ordre lors des manifestations ou comme la semaine dernière, avec le salon de l’agriculture.
Mais il leur arrive aussi de gérer les risques techniques, comme lors de l’incendie de Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime) en 2019, ou encore d’aller à Mayotte ou patrouiller pendant les Jeux olympiques.

Les policiers peuvent aussi être amenés à aider au pompage des caves, ou surveiller les habitations face au risque de pillages. Jérôme Fouquet/Ouest-France
Pendant les catastrophes naturelles, comme les inondations, ils apportent un soutien à tous les niveaux. On porte assistance à la population dans le cadre de la crue, détaille Nicolas. On va aussi pouvoir épauler les secours sur les opérations de pompage grâce à nos motos pompes, raccompagner des gens évacués chez eux ou encore effectuer des contrôles contre les pillages qui pourraient avoir lieu dans les maisons évacuées.
Leurs missions évoluent en fonction des besoins et pour compléter les forces de l’ordre du département, déjà à pied d’œuvre.

Sur le semi-rigide, ils naviguent à vue au milieu des morceaux de bois et déchets charriés par la crue. Jérôme Fouquet/Ouest-France
« C’est extrêmement dangereux »
Dans la Maine, les policiers de la SMS naviguent à vue. La veille, alors qu’ils patrouillaient dans le secteur, ils sont tombés sur des jeunes en pleine baignade. Il y a toujours des gens qui se sentent pousser des ailes et qui ont envie de s’essayer au paddle ou à la natation.
Ils se lancent des défis, et le succès de certaines vidéos sur les réseaux sociaux les y incite. Mais le débit est tel que c’est extrêmement dangereux, rappelle de chef d’unité. Il y a aussi une question de salubrité, avec tout ce qui est charrié. Une mise à l’eau peut être dangereuse pour la santé.

Les CRS veillent au bon respect de l’arrêter d’interdiction de circulation signé par le préfet. Jérôme Fouquet/Ouest-France
Pour eux, l’objectif c’est d’être vu, pour dissuader les contrevenants et éviter de mettre en danger la population
. Et c’est chose faite. Ce mercredi, pas un casse-cou à l’horizon. Ils devraient rester jusqu’à dimanche, mais comme pour le reste des Angevins, tout est conditionné à l’évolution de la décrue dans les jours à venir.