|
« On dit adieu à Sora » : OpenAI ferme son réseau social de vidéos IA et met fin à son développement tous azimuts... |
1
Le logo de l’application Sora sur un smartphone en mars 2026. © SAMUEL BOIVIN / NURPHOTO VIA AFP
Mardi 24 mars, OpenAI a annoncé la fermeture de Sora, son réseau social proposant de courtes vidéos générées par l’intelligence artificielle. Le symbole du recentrage de la maison-mère de ChatGPT, qui met un terme à son développement tous azimuts pour se concentrer sur ses secteurs plus lucratifs.
Sora, c’est déjà fini. Le réseau social de vidéos lancé par Open AI, qui permettait le partage de petits clips créés grâce à l’intelligence artificielle, a été officiellement débranché par la maison-mère de ChatGPT mardi 24 mars 2026, après seulement quelques mois d’existence.
« Nous disons adieu à Sora. À tous ceux qui ont créé avec Sora, l’ont partagé et ont bâti une communauté autour de lui : merci », ont écrit les équipes de l’application sur le réseau social X.
We’re saying goodbye to the Sora app. To everyone who created with Sora, shared it, and built community around it: thank you. What you made with Sora mattered, and we know this news is disappointing.
— Sora (@soraofficialapp) March 24, 2026
We’ll share more soon, including timelines for the app and API and details on…
Lancé en septembre 2025, ce réseau social, très lourd à développer pour Open AI (car générer une vidéo demande beaucoup plus d’énergie que du texte) avait suscité un certain engouement chez les utilisateurs. Il avait surtout fait naître beaucoup d’inquiétudes au sujet des vidéos truquées qu’il allait faire naître et concernant le respect des droits d’auteur et d’image (puisque des utilisateurs de Sora utilisaient les créations et identités de personnalités ou d’entreprises qui n’avaient pas donné leur accord).
La fin « des quêtes secondaires »
Cette fermeture de l’application Sora est tout sauf anodine. Elle illustre en effet un changement de cap chez OpenAI, le leader de l’intelligence artificielle grand public et pionnier du secteur avec son emblématique ChatGPT, révélé en 2022.
Depuis plusieurs semaines, sinon plusieurs mois, Open AI cherche en effet à se recentrer, en mettant en pause ou en abandonnant certains projets annexes qui visaient à diversifier ses activités. Fin novembre, Sam Altman, le patron d’Open AI, a émis « un code rouge » au sein de l’entreprise, fragilisée par la concurrence d’Anthropic ou de Google comme par ses investissements colossaux dans des datacenters (1 400 milliards de dollars). Sam Altman avait ajouté que les efforts des équipes d’OpenAI devaient désormais se tourner vers l’amélioration de ChatGPT, au détriment des projets annexes.
Plus récemment, Fidji Simo, la numéro 2 française d’OpenAI, a indiqué au Wall Street Journal que l’entreprise allait arrêter de se disperser dans « des quêtes secondaires » (une expression tirée des jeux vidéo) pour se recentrer sur l’aide aux entreprises ou le codage informatique, deux domaines qui rapportent plus d’argent que l’IA pour le grand public, même si de la publicité a récemment fait son apparition dans ChatGPT aux États-Unis. OpenAI entend également se concentrer sur les agents IA, ces logiciels dopés à l’intelligence artificielle qui peuvent exécuter des actions sur un ordinateur à la place de son utilisateur.
Le précédent Anthropic
Cette stratégie est celle suivie depuis plusieurs années par Anthropic. Claude, l’IA de la start-up fondée par d’anciens d’OpenAI, a en effet déjà acquis de belles positions dans l’aide au codage, en permettant à Anthropic d’en tirer une partie très importante de ses 14 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel. Anthropic a par ailleurs lancé en ce mois de mars un agent IA capable de prendre le contrôle de l’ordinateur avec l’assentiment de son utilisateur.
À un degré moindre, c’est aussi la stratégie adoptée par les Français de Mistral AI. Même si la version grand public du Chat, leur robot conversationnel dopé à l’IA, vient de fêter ses deux ans, la start-up parisienne se concentre plutôt sur le déploiement d’IA spécialisée dans les entreprises, notamment françaises ou européennes.