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« Il n’y a pas une goutte ! » : ces halles sont fermées à cause des inondations, le coup de gueule des commerçants... |
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Alors que certaines rues du centre-ville sont inondées, pas une goutte aux abords des Halles Cœur de Maine, à Angers (Maine-et-Loire), ce vendredi 20 février. Et pourtant, le lieu est fermé en prévention depuis quatre jours… Un supplice pour des commerçants. © Ouest-France
Si Angers est touchée par les inondations, vendredi 20 février, les Halles situées derrière l’esplanade Cœur de Maine restent au sec. Et pourtant, ce lieu est fermé depuis quatre jours sur décision du bailleur. Des commerçants craignent des pertes importantes et disent leur incompréhension.
Le gérant des Halles Cœur de Maine serait-il allé trop vite en besogne ? Posées sur le mail de la Poissonnerie d’Angers (Maine-et-Loire), ces halles gourmandes gardent le rideau baissé depuis quatre jours. Face à la Maine en crue, des commerçants locataires de ce lieu rongent leur frein.
Biltoki, le bailleur, a décidé de fermer alors que le département, touché par des inondations exceptionnelles, est en vigilance rouge aux crues. C’était mardi 17 février, à 16 h. Le niveau de la Maine se situait alors à 5,90 mètres. « Fermer mardi, c’était beaucoup trop tôt ! », peste anonymement un commerçant, auteur d’un courrier commun rédigé avec huit occupants des lieux. « La Maine est à 6 mètres 30 ce vendredi, quatre jours plus tard, et nous n’avons toujours pas d’eau dans les Halles. Pourquoi avoir fermé ? On perd au moins 1 500 € de chiffre d’affaires par jour », déplore-t-il.
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La réouverture n’est pas décidée à ce jour. Ouest-France
« On a dû déplacer en urgence des marchandises »
Des clients et voisins s’interrogent sur la fermeture anticipée. « Il n’y a pas une goutte ! On passe pour des cons, surtout une semaine de vacances scolaires où nous avons du monde », lâche le commerçant. Non loin de là, des commerces de la place Molière, eux, prennent l’eau et commencent à évaluer les dégâts. « Le bailleur a décidé de fermer. Nous sommes obligés de suivre. On a dû déplacer en urgence des marchandises. »
Le bailleur a coupé l’électricité et demandé aux commerçants de quitter les locaux du jour au lendemain. Parfois, avec des denrées sur les bras.
Un choix trop prudent ?
Y a-t-il eu excès de prudence ? Contacté, Jean Forestier, directeur des Halles Cœur de Maine, reconnaît « un choix de prudence qui était peut-être trop prudent. Mais on a préféré être le plus sérieux possible. Cette situation exceptionnelle aurait pu dégénérer de nuit », se défend celui qui est aussi patron du bar central de ce lieu. Il rappelle que le bailleur « est responsable de la bonne tenue de la halle. Fatalement, nos décisions impactent tous les commerçants locataires mais nous avons le devoir de trancher. »
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Les assurances prendront-elles en charge les pertes d’exploitation, de marchandises ? Des commerçants s’inquiètent. Des déclarations ont été formulées mais « quand on nous demande les dommages… On n’a pas de dommages. Juste la perte de marchandises liée à l’arrêt volontaire de l’électricité par le bailleur. »
En attendant, le lieu restera fermé jusqu’à ce que le « pic » de crue soit atteint. « On s’organisera ensuite pour ouvrir le plus vite possible », promet Jean Forestier.